Le Réseau des journalistes et professionnels de la communication pour la paix et la sécurité (RJPS) a officiellement lancé, le jeudi 26 mars 2026 à Adjamé, un projet ambitieux visant à combler le déficit de connaissance des agendas féministes en matière de paix et de sécurité au sein des communautés ivoiriennes.
Baptisée « Appui à la vulgarisation des Agendas féministes paix et sécurité auprès des communautés en Côte d’Ivoire », cette initiative est menée en collaboration avec le Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire (RASALAO-CI). Elle entend renforcer l’appropriation, par les populations, des mécanismes nationaux et internationaux relatifs à l’égalité de genre et à la participation inclusive dans les processus de paix.
Prenant la parole lors de la cérémonie de lancement, la présidente du RJPS, Michèle Pépé, a dressé un constat préoccupant. Selon elle, une large frange de la population, notamment les femmes et les jeunes, reste encore peu informée des dispositifs existants en matière de promotion des droits, d’égalité des sexes et d’inclusion dans les politiques publiques, qu’elles soient sociales, économiques ou environnementales.
Dans cette dynamique, elle a rappelé que le RJPS s’est fixé pour mission de sensibiliser, former et informer aussi bien les professionnels des médias que les communautés sur les enjeux liés à la paix, à la sécurité, aux armes légères et de petit calibre (ALPC), ainsi qu’au développement.
Pour sa part, le secrétaire permanent du réseau, Victorien N’Taye, a détaillé les contours opérationnels du projet. Celui-ci prévoit la mise en œuvre d’actions de sensibilisation et d’engagement communautaire, en lien avec les autorités locales, afin de favoriser une meilleure compréhension des agendas « Femmes, jeunes, paix et sécurité ». Ces activités seront particulièrement déployées dans la commune d’Odienné, dans la région du Kabadougou, avant une extension à l’échelle nationale.
L’initiative vise également à créer un environnement favorable à la participation accrue des femmes et des jeunes dans la gouvernance, notamment celle du secteur de la sécurité. Un accent particulier sera mis sur le renforcement de leurs capacités et de leurs connaissances en matière d’agendas féministes.
Dans cette optique, plusieurs activités sont prévues, dont un atelier de renforcement des compétences des membres du RJPS à Bonoua, avec la participation des points focaux de la région du Kabadougou. Le projet prévoit également un appui au renforcement des capacités techniques et institutionnelles du réseau.
Prévu pour s’étendre de mars à juin 2026, le programme fera l’objet d’une évaluation en août prochain afin d’en mesurer les impacts et les perspectives.
Financé par l’ONG Equipop à travers l’Agence française de développement (AFD), ce projet a été lancé en présence de plusieurs personnalités, dont Alexis Kokousseu, vice-président de la Commission sécurité et défense de l’Assemblée nationale, témoignant de l’intérêt institutionnel accordé à cette initiative en faveur d’une gouvernance plus inclusive et sensible au genre.
