Niger : la pénurie de carburant perturbe les activités des chauffeurs de taxi

Au Niger, les autorités ont instauré des restrictions nocturnes sur la vente de carburant pour faciliter le ravitaillement des stations-service.

Depuis le lundi 19 octobre 2026, les points de vente doivent suspendre leurs activités entre 21 heures et 6 heures du matin, sauf ceux autorisés à assurer une permanence. Cette mesure temporaire vise à améliorer la disponibilité des produits pétroliers, selon un communiqué conjoint des ministères nigériens chargés de l’Intérieur, du Pétrole et du Commerce, relayé par l’Agence nigérienne de presse (ANP).

D’après les autorités, ce dispositif doit faciliter les livraisons effectuées notamment par la Société nigérienne de pétrole (SONIDEP), sécuriser les opérations de ravitaillement et améliorer l’approvisionnement des stations. Des points de vente de permanence doivent être désignés dans les arrondissements communaux et ruraux.

La mesure intervient dans un contexte de pénurie d’essence liée notamment à l’insuffisance des capacités de raffinage du pays et à la raréfaction du carburant de contrebande en provenance du Nigeria, selon des informations publiées par Africanews.

Les chauffeurs de taxi réclament un assouplissement

À Niamey, les restrictions compliquent davantage le quotidien des conducteurs de taxi. Moussa Idé Boubacar explique que ses recettes journalières se situent habituellement entre 20 000 et 23 000 francs CFA. Il consacre environ 12 500 francs au carburant et 8 000 francs au versement quotidien du véhicule.

« Le manque de carburant nous pénalise énormément », témoigne le chauffeur, qui affirme avoir accumulé deux jours de retard dans ses versements, soit 16 000 francs CFA.

Face à cette situation, le Syndicat des conducteurs de taxis (Synctaxi) demande aux autorités d’assouplir les restrictions. Son secrétaire général, Ganda Sanda, souligne que l’accès au carburant est devenu plus difficile, les conducteurs devant notamment obtenir une autorisation et trouver une station ouverte.

Le syndicat appelle ainsi les autorités compétentes à revoir le dispositif en tenant compte des contraintes auxquelles sont confrontés les professionnels du transport.

En parallèle, la vente de carburant en bidons en dehors des stations-service reste interdite dans toutes les localités disposant d’au moins une station. Les forces de défense et de sécurité ont reçu instruction de veiller à l’application de cette mesure.

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César Kouamé est un journaliste ivoirien spécialisé dans les questions d’intérêt public notamment celles liées à l’environnement, au climat, à la culture et aux dynamiques sociales.
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