Dans un contexte politique encore marqué par les séquelles des tensions électorales passées, Chérif Hamed Haïdara, président du Rassemblement Démocratique Ivoirien (RDI), est sorti de sa réserve. Lundi 23 février 2026, au siège de son parti, il a accordé un entretien à la presse au cours duquel il a plaidé pour un climat politique apaisé et durable, appelant le chef de l’État à poser des actes forts en direction de l’opposition.
Revenant d’abord sur son silence observé depuis sa candidature aux législatives à Abobo, il a tenu à dissiper toute équivoque. Selon lui, il ne s’agit nullement d’un retrait de la scène politique, mais d’un choix stratégique. « Nous avons vécu une expérience enrichissante. À présent, nous préparons les prochaines échéances. Cela exige une mobilisation conséquente de ressources humaines, financières et matérielles », a-t-il expliqué. Le RDI, assure-t-il, reste attentif aux enjeux nationaux et s’exprime lorsque l’intérêt supérieur du pays l’exige.
Interrogé sur les perspectives des prochaines municipales, après des scrutins présidentiel et législatif tendus, Chérif Hamed Haïdara adopte une posture réaliste. À ses yeux, il serait illusoire d’espérer des résultats différents sans remise en cause profonde des pratiques politiques. « Des mêmes causes produisent les mêmes effets », martèle-t-il, invitant les acteurs politiques à un examen de conscience collectif.
« Nous avons vécu une expérience enrichissante. À présent, nous préparons les prochaines échéances. Cela exige une mobilisation conséquente de ressources humaines, financières et matérielles »

Pour le leader du RDI, l’accalmie actuelle ne doit pas être confondue avec une paix véritable. Il estime que les rapports entre pouvoir et opposition demeurent marqués par la défiance et la suspicion. « Les élections doivent être perçues comme une compétition, non comme une guerre », insiste-t-il, plaidant pour que l’intérêt national transcende les ambitions partisanes.
Dans cette dynamique, il appelle l’opposition à adopter une posture d’humilité constructive, fondée sur des critiques argumentées et des propositions concrètes. Mais son interpellation vise également le sommet de l’État. Dans un ton empreint de solennité, Chérif Hamed Haïdara demande au président de la République de poser un geste d’apaisement : permettre le retour des exilés politiques, gracier les prisonniers d’opinion et consentir à des concessions symboliques fortes.
Chérif Hamed Haïdara demande au président de la République de poser un geste d’apaisement : permettre le retour des exilés politiques, gracier les prisonniers d’opinion et consentir à des concessions symboliques fortes

« Faites un geste de paix envers l’opposition », a-t-il lancé, qualifiant cette requête de supplication patriotique. Pour lui, de tels actes pourraient ouvrir une nouvelle séquence politique et contribuer à refermer durablement les fractures qui traversent la société ivoirienne.
