4996 enseignants ‘’oubliés’’ depuis 2002 poussent un cri de désespoir pour leur cas

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Dans une déclaration poignante, 4996 enseignants volontaires des anciennes zones de conflit en Côte d’Ivoire ont lancé un appel désespéré au gouvernement pour revoir leur sort. Réunis sous la bannière de l’Union des Enseignants Volontaires Omis de Côte d’Ivoire (UDEVO CI), dirigée par Bamba Lancine, ces éducateurs ont imploré l’intervention du chef de l’État pour résoudre leur situation précaire.

Lors d’une conférence de presse émouvante tenue à Man le samedi 26 avril, Bamba Lancine a exposé la détresse de ses collègues laissés pour compte depuis 2002. « Depuis 2002, nous avons consacré nos efforts pour sauver l’éducation, évitant ainsi une catastrophe intellectuelle. Nous n’avons pas sollicité de rémunération à l’époque, motivés par notre désir de permettre aux enfants des régions concernées de recevoir une éducation. Nous avons tout donné pour maintenir l’école à flot pendant cette période », a-t-il rappelé.

Évoquant la situation des enseignants restés en attente d’intégration, Bamba Lancine a souligné qu’au sein des 10 090 participants au plan de sauvetage de 2002, seuls 2 665 et 2 429 ont été exceptionnellement intégrés en 2008 et 2012, laissant 4 996 dans l’expectative. « Nous avons salué l’intégration de plusieurs de nos collègues, mais nous sommes profondément attristés par l’oubli de plus de 5000 d’entre nous par la politique d’intégration à la fonction publique. Aujourd’hui, parmi ces 4 996, 2000 ont dépassé l’âge limite et 2 996, comprenant 1711 instituteurs adjoints, 982 instituteurs ordinaires et 303 professeurs, attendent toujours leur intégration », a-t-il expliqué.

Depuis 2002, nous avons consacré nos efforts pour sauver l’éducation, évitant ainsi une catastrophe intellectuelle. Nous n’avons pas sollicité de rémunération à l’époque, motivés par notre désir de permettre aux enfants des régions concernées de recevoir une éducation. Nous avons tout donné pour maintenir l’école à flot pendant cette période

Bamba Lancine a soulevé la possibilité d’influences occultes derrière cette non-réintégration, alors que le chef de l’État a promis à deux reprises leur réintégration avec le soutien de feu Amadou Gon et de feu Cheick Bouakary Fofana. Malgré les multiples démarches auprès des autorités, ils sont restés dans l’impasse, confrontés à l’indifférence et au mépris de certains responsables.

Face à une attente de plus de deux décennies, les enseignants volontaires se sentent abandonnés, ayant perdu non seulement leur emploi mais aussi leur dignité. Leur espoir se tourne désormais vers le chef de l’État, considéré comme leur dernier recours. Ils appellent à la réintégration des 2 996 enseignants toujours en attente, à l’insertion professionnelle des 2 000 ayant dépassé l’âge limite, et à l’utilisation des fonds du plan de sauvetage post-crise. « Nous avons tout donné pour sauver l’école ivoirienne. Nous sommes des pères et des mères, et nous supplions le président Alassane Ouattara de tenir ses promesses du 26 juillet 2018. La survie de milliers de familles en dépend », a conclu Bamba Lancine, les larmes aux yeux. Cette conférence de presse a mobilisé de nombreux délégués venus soutenir leurs collègues dans cette lutte pour la justice et la dignité.

Face à une attente de plus de deux décennies, les enseignants volontaires se sentent abandonnés, ayant perdu non seulement leur emploi mais aussi leur dignité.

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César Kouamé est un journaliste ivoirien engagé, spécialisé dans les questions d’intérêt public, notamment l’environnement, le climat et les dynamiques sociales en Afrique de l’Ouest. Fort d’une expérience en journalisme de terrain et en enquêtes transfrontalières, il a collaboré avec plusieurs médias de référence et occupe des fonctions éditoriales stratégiques. Actuellement rédacteur en chef et fondateur du média en ligne papot.net, il œuvre pour une information indépendante, accessible et orientée vers l’impact. Son travail s’inscrit dans une démarche de promotion de la transparence, du développement durable et des Objectifs de développement durable (ODD). Lauréat de programmes internationaux, il s’investit également dans des initiatives panafricaines visant à renforcer le journalisme d’investigation et l’innovation dans les médias.
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