La décision du gouvernement ivoirien de dissoudre la Commission électorale indépendante (CEI), dirigée par Kuibiert Coulibaly, continue d’alimenter les débats sur la scène politique nationale. Deux jours après cette annonce faite le 5 mai 2026, Chérif Hamed Haïdara, président du Rassemblement Démocratique Ivoirien (RDI), a officiellement réagi lors d’un point de presse organisé ce jeudi 7 mai 2026 au siège de son parti à Abobo-Dokoui.
Face aux journalistes et militants présents, le leader politique n’a pas caché sa satisfaction. Pour lui, cette dissolution constitue une réponse forte aux nombreuses critiques adressées depuis plusieurs années à l’institution chargée d’organiser les élections en Côte d’Ivoire.
« On ne peut que saluer cette décision courageuse et responsable », a affirmé Chérif Hamed Haïdara, estimant que le gouvernement a finalement entendu les préoccupations exprimées par plusieurs formations politiques et acteurs de la société civile. Selon lui, cette initiative pourrait marquer le début d’une nouvelle phase d’apaisement du climat sociopolitique ivoirien, longtemps fragilisé par les tensions électorales.
Le président du RDI a dressé un bilan sévère de la CEI dissoute. À ses yeux, les différentes consultations électorales organisées sous son autorité ont laissé derrière elles des contestations répétées, des violences, des pertes en vies humaines ainsi que d’importants dégâts matériels.
« Le constat est clair et indiscutable. Au regard des contestations, des crises, des dégâts matériels, des nombreux blessés et des morts enregistrés dans le cadre des élections organisées par la défunte Commission électorale indépendante, elle a échoué », a-t-il déclaré avec fermeté.
« Le constat est clair et indiscutable. Au regard des contestations, des crises, des dégâts matériels, des nombreux blessés et des morts enregistrés dans le cadre des élections organisées par la défunte Commission électorale indépendante, elle a échoué », a-t-il déclaré avec fermeté.

Poursuivant son analyse, Chérif Hamed Haïdara a regretté que d’importantes ressources publiques aient été engagées sans parvenir à garantir des scrutins pleinement crédibles et consensuels. Pour lui, il est désormais indispensable de reconnaître les insuffisances de l’ancien système afin de bâtir un modèle électoral plus fiable et plus inclusif.
Dans cette optique, le président du RDI a invité le gouvernement à ouvrir des discussions nationales impliquant l’ensemble de la classe politique ainsi que les organisations de la société civile. Il souhaite que ces concertations débouchent sur la mise en place d’une nouvelle architecture électorale capable d’inspirer confiance à toutes les parties prenantes.
« Nous souhaitons que tant dans sa composition que dans son fonctionnement, les Ivoiriens n’aient pas le sentiment que le pouvoir ou l’opposition est favorisé », a-t-il insisté, plaidant pour une institution équilibrée, transparente et acceptée par tous.
Pour Chérif Hamed Haïdara, la réforme du système électoral représente un enjeu historique majeur pour la Côte d’Ivoire. Il estime qu’un mécanisme véritablement consensuel permettrait de tourner définitivement la page des violences post-électorales qui ont marqué le pays ces dernières décennies.
« Nous souhaitons que tant dans sa composition que dans son fonctionnement, les Ivoiriens n’aient pas le sentiment que le pouvoir ou l’opposition est favorisé »

Au-delà de la question électorale, le président du RDI a également profité de cette sortie pour évoquer la situation des personnes détenues à la suite des dernières crises électorales. Saluant ce qu’il considère comme un « élan d’apaisement » engagé par les autorités, il a demandé au président de la République, Alassane Ouattara, de faire preuve de clémence.
« Le Rassemblement Démocratique Ivoirien, sensible à l’élan d’apaisement du climat politique qu’ouvre cette décision du gouvernement, demande à Son Excellence Monsieur le Président Alassane Ouattara de faire grâce à toutes ces personnes emprisonnées à l’issue des troubles pendant les dernières élections », a-t-il plaidé.
Le leader politique est allé plus loin en appelant le chef de l’État à étendre cette mesure de grâce aux prisonniers politiques, dans un souci de réconciliation nationale et de consolidation de la paix sociale.
À travers cette déclaration, Chérif Hamed Haïdara inscrit clairement son parti dans une dynamique de réforme institutionnelle et de dialogue politique, dans un contexte où la question de la gouvernance électorale demeure au cœur des préoccupations en Côte d’Ivoire.
