La Cour Pénale Internationale (CPI) est en passe de clore un chapitre décisif de son histoire en Côte d’Ivoire. En 2025, la CPI prévoit de fermer définitivement son bureau à Abidjan, selon des informations recueillies par l’AFP.
Cette fermeture, annoncée dans le projet de budget de la Cour pour 2025, marquera la fin d’une présence institutionnelle qui a débuté au lendemain des crises violentes qu’a connues le pays au cours des années 2000. L’annonce officielle de cette décision sera faite aux autorités ivoiriennes le 19 septembre 2024.
Une enquête attendue sur les crimes des crises des années 2000
Si la fermeture du bureau en Côte d’Ivoire est prévue pour 2025, la CPI n’a pas pour autant tourné la page des enquêtes sur les crimes commis pendant les crises politiques qui ont secoué le pays. Avant son retrait définitif, la Cour prévoit de livrer ses conclusions sur les événements tragiques survenus au cours des années 2000, notamment la crise postélectorale de 2010-2011. Cette dernière a été marquée par des violences meurtrières ayant fait plus de 3 000 victimes, et reste profondément ancrée dans la mémoire collective des Ivoiriens.
La crise postélectorale de 2011, un moment clé
En Côte d’Ivoire, la Cour Pénale Internationale est étroitement associée à la crise postélectorale de 2011, qui a opposé l’ex-président Laurent Gbagbo à l’actuel chef de l’État, Alassane Ouattara. Après une élection présidentielle contestée, le pays a sombré dans une violence généralisée, avec des conséquences dramatiques. Évincé du pouvoir, Laurent Gbagbo a été accusé de crimes contre l’humanité et transféré à La Haye, aux Pays-Bas, le 30 novembre 2011 pour être jugé par la CPI.
Si la fermeture du bureau en Côte d’Ivoire est prévue pour 2025, la CPI n’a pas pour autant tourné la page des enquêtes sur les crimes commis pendant les crises politiques qui ont secoué le pays.

Après près de dix ans de procédures, Gbagbo et son co-accusé, Charles Blé Goudé, ont été acquittés le 16 juillet 2019 par la Chambre de première instance de la Cour. Cet acquittement a permis à Laurent Gbagbo de retourner en Côte d’Ivoire le 17 juin 2021, où il a été accueilli en héros par ses partisans. Cependant, l’acquittement a également laissé en suspens une question cruciale : qui sont les véritables responsables des crimes commis lors de cette période sombre de l’histoire ivoirienne ?
Vers de nouvelles révélations avant 2025
L’acquittement de Gbagbo a suscité une vague d’interrogations parmi ses partisans, qui ont appelé la CPI à enquêter sur les agissements de l’autre camp, celui d’Alassane Ouattara, durant la crise. De leur côté, les Ivoiriens attendent désormais avec impatience les conclusions finales de la Cour sur l’ensemble des crimes perpétrés pendant les crises des années 2000.
Ces conclusions, qui devraient être rendues publiques en 2025, surviennent à un moment charnière pour la Côte d’Ivoire, à quelques mois seulement des élections présidentielles prévues pour la même année. Il est donc fort probable que les révélations de la CPI influencent non seulement l’opinion publique, mais aussi les dynamiques politiques à l’approche de cette échéance électorale cruciale.
Ces conclusions, qui devraient être rendues publiques en 2025, surviennent à un moment charnière pour la Côte d’Ivoire, à quelques mois seulement des élections présidentielles prévues pour la même année
Un avenir incertain pour la justice internationale en Côte d’Ivoire
La fermeture imminente du bureau de la CPI en Côte d’Ivoire soulève des questions sur l’avenir de la coopération entre le pays et la justice internationale. Bien que la Cour poursuive ses enquêtes et que ses conclusions soient attendues, son départ physique du territoire ivoirien pourrait marquer un tournant dans la manière dont la justice internationale intervient en Afrique de l’Ouest.
La Côte d’Ivoire, qui a été le théâtre de nombreux conflits et violences, continue de se reconstruire lentement. L’annonce des conclusions de la CPI, en 2025, pourrait jouer un rôle clé dans la réconciliation nationale, mais aussi raviver d’anciennes tensions. Les mois à venir seront donc décisifs pour le pays, à la croisée des chemins entre la justice et la paix.
Alors que la Cour Pénale Internationale s’apprête à quitter la Côte d’Ivoire, ses conclusions sur les crimes des années 2000 sont attendues avec une grande attention. Ces révélations pourraient non seulement apporter des réponses sur les responsables des violences, mais aussi avoir un impact sur le paysage politique ivoirien à l’aube des élections de 2025.
