Festival Kouroubi 2026 à Abobo : Chérif Hamed Haïdara appelle à la cohésion autour de l’événement

5 min de lecture

La commune d’Abobo a vibré, ce samedi 28 mars 2026, au rythme de la cinquième édition du Festival Kouroubi. Organisée au quartier Avocatier, cette célébration culturelle majeure a rassemblé une foule enthousiaste, venue célébrer une tradition ancestrale désormais érigée en symbole de cohésion sociale. Président d’honneur de cette édition, Chérif Hamed Haïdara a saisi l’occasion pour lancer un appel appuyé au soutien des populations et des autorités locales.

Face à une assistance nombreuse et visiblement émue, le président du Rassemblement Démocratique Ivoirien a salué l’engagement des initiatrices du festival, notamment les “Femmes dynamiques du Gontougo résidentes d’Abobo”. Dans une intervention empreinte de solennité, il a insisté sur la portée éducative et sociale du Kouroubi. « Vous contribuez à l’éducation de nos enfants et de notre peuple à travers la promotion de cette tradition. Chaque année, vous nous rappelez que, malgré nos divergences politiques, nous demeurons des frères », a-t-il déclaré.

Se positionnant à la fois comme cadre local et acteur politique, Chérif Hamed Haïdara a également plaidé pour un accompagnement accru des autorités communales. À ses yeux, le Kouroubi dépasse le simple cadre festif pour s’imposer comme un véritable levier de paix et d’unité dans une commune souvent marquée par des défis sociaux.

Une tradition culturelle au service du vivre-ensemble

Porté depuis cinq ans par dame Timité Adja et son cercle proche, le festival Kouroubi s’inscrit dans une tradition profondément ancrée dans les valeurs du Gontougo. À l’origine, cette fête est dédiée aux jeunes filles musulmanes vierges et se tient traditionnellement le 26e jour du Ramadan, en lien avec la Nuit du Destin.

« Vous contribuez à l’éducation de nos enfants et de notre peuple à travers la promotion de cette tradition. Chaque année, vous nous rappelez que, malgré nos divergences politiques, nous demeurons des frères »

Festival Kouroubi 2026 à Abobo : Chérif Hamed Haïdara appelle à la cohésion autour de l’événement

Selon Yao Fatouma Ouattara, proche de l’initiatrice, cette célébration permet aux jeunes filles de se mettre en valeur à travers la danse, sous le regard attentif des prétendants. « C’est un moment où la jeune fille exprime sa beauté et son élégance. Les jeunes hommes y observent celles qui pourraient devenir leurs épouses », explique-t-elle. La tradition prévoit également un rituel symbolique à l’approche du mariage, impliquant la participation du futur époux et de sa belle-famille.

Toutefois, certaines règles strictes encadrent cette pratique : une femme mariée, enceinte ou ayant perdu sa virginité ne peut plus participer à la danse sur échafaudage, sous peine de s’exposer, selon les croyances, à des conséquences néfastes.

Originaire de localités comme Koun-Fao, Bouna ou encore Doropo, le Kouroubi s’est progressivement ouvert à un public plus large. Initialement réservé aux communautés musulmanes du Nord-Est, il est aujourd’hui un espace inclusif de brassage culturel. Pour favoriser cette ouverture, la célébration est désormais programmée après la fête de l’Aïd el-Fitr.

Entre ferveur populaire et contraintes financières

Malgré l’engouement qu’il suscite, le Festival Kouroubi fait face à d’importantes difficultés logistiques et financières. Dame Timité Adja souligne le coût élevé de l’organisation, notamment la construction des échafaudages et la mobilisation des groupes d’animation (fanfare, djembé, disc-jockey).

Malgré l’engouement qu’il suscite, le Festival Kouroubi fait face à d’importantes difficultés logistiques et financières.

Festival Kouroubi 2026 à Abobo : Chérif Hamed Haïdara appelle à la cohésion autour de l’événement

« Les contributions des participantes restent faibles et ne suffisent pas à couvrir les charges. Tout repose essentiellement sur nos moyens personnels », déplore-t-elle. À cela s’ajoute la difficulté d’accès à certains accessoires essentiels, comme les queues de cheval utilisées par les danseuses, souvent remplacées faute de moyens par de simples foulards, au risque d’altérer l’authenticité du spectacle.

Face à ces contraintes, les organisatrices lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires pour un appui financier structuré. Un soutien qui pourrait permettre à cet événement, déjà bien ancré dans le paysage culturel d’Abobo, de franchir un cap et de devenir un véritable pôle d’attraction.

Cette édition 2026 s’est tenue sous le parrainage de Fatim Bamba, maire de la commune d’Anyama, et de Yéo Klotioloma, coordinateur adjoint du RHDP à Abobo M’pônon-Sagbé. Des personnalités auxquelles Chérif Hamed Haïdara a rendu un vibrant hommage pour leur engagement en faveur de la promotion culturelle.

Au-delà de la fête, le Kouroubi s’affirme ainsi comme un patrimoine vivant, à la croisée des traditions et des enjeux contemporains de cohésion sociale.

Partager cet article
César Kouamé est un journaliste ivoirien engagé, spécialisé dans les questions d’intérêt public, notamment l’environnement, le climat et les dynamiques sociales en Afrique de l’Ouest. Fort d’une expérience en journalisme de terrain et en enquêtes transfrontalières, il a collaboré avec plusieurs médias de référence et occupe des fonctions éditoriales stratégiques. Actuellement rédacteur en chef et fondateur du média en ligne papot.net, il œuvre pour une information indépendante, accessible et orientée vers l’impact. Son travail s’inscrit dans une démarche de promotion de la transparence, du développement durable et des Objectifs de développement durable (ODD). Lauréat de programmes internationaux, il s’investit également dans des initiatives panafricaines visant à renforcer le journalisme d’investigation et l’innovation dans les médias.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *