L’Alliance féministe a organisé, mercredi 16 septembre 2026, une conférence-débat consacrée à la Convention de l’Union africaine sur l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles. La rencontre a permis d’examiner les avancées de cet instrument continental, adopté par l’Union africaine en février 2025, tout en mettant en lumière plusieurs dispositions que les participantes souhaitent voir davantage précisées ou renforcées avant sa ratification.
Les échanges ont été animés par Noelly Aka, chargée d’évaluation à l’Initiative Stylée et membre de l’Alliance féministe. Dans son introduction, elle a expliqué que la rencontre visait à favoriser une meilleure compréhension de la Convention, à identifier ses éventuelles lacunes et à réfléchir aux moyens de renforcer la protection des femmes et des filles.
Elle a notamment présenté la démarche défendue par la campagne autour du message : « Posons, écoutons, renforçons, puis ratifions ». Selon Noelly Aka, cette approche ne remet pas en cause le principe de la Convention. Elle invite plutôt à examiner attentivement le texte, à écouter les femmes directement concernées ainsi que les expertes féministes, puis à renforcer les dispositions jugées insuffisantes avant d’envisager la ratification.
La conférencière a rappelé l’ampleur des violences faites aux femmes, avec une femme sur trois confrontée, au cours de sa vie, à des violences physiques et/ou sexuelles selon les données présentées. En Côte d’Ivoire, les chiffres attribués au ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant font état de 10 747 cas de violences basées sur le genre enregistrés, dont notamment des cas de déni de ressources, de violences psychologiques ou émotionnelles, de violences physiques, de viols, d’agressions sexuelles, de mariages forcés et de mutilations génitales féminines.
La conférencière a rappelé l’ampleur des violences faites aux femmes, avec une femme sur trois confrontée, au cours de sa vie, à des violences physiques et/ou sexuelles selon les données présentées

Les participantes ont particulièrement insisté sur la nécessité d’une réponse globale articulée autour de la prévention, de la protection, de l’accès à la justice, de la réparation et de la coordination des interventions. Elles ont également appelé à renforcer la prise en compte des violences numériques, des féminicides, des mutilations génitales féminines, des mariages d’enfants et de la violence obstétricale.
Une attention particulière a été portée aux femmes confrontées à des vulnérabilités spécifiques, notamment les femmes handicapées, les femmes vivant avec le VIH, les migrantes et les femmes déplacées. Pour l’Alliance féministe, l’approche doit être suffisamment inclusive pour garantir une protection à toutes les femmes et aux filles.
En Côte d’Ivoire, les organisatrices souhaitent l’ouverture d’un débat national avant toute ratification, avec une analyse article par article de la Convention, la participation des organisations de défense des droits des femmes et l’implication des personnes directement concernées. Elles demandent également un espace formel de dialogue entre les pouvoirs publics et la société civile, ainsi que des mécanismes de suivi et de redevabilité permettant d’apprécier l’effectivité des engagements.
En Côte d’Ivoire, les organisatrices souhaitent l’ouverture d’un débat national avant toute ratification, avec une analyse article par article de la Convention, la participation des organisations de défense des droits des femmes et l’implication des personnes directement concernées.

Les médias ont, par ailleurs, été invités à suivre la mise en œuvre de la Convention au-delà de sa signature ou de sa ratification, en s’intéressant notamment au cadre légal, aux ressources budgétaires, aux mécanismes de protection et aux effets concrets des politiques sur les femmes et les filles.
Au terme des échanges, Noelly Aka et les participantes ont réaffirmé le sens de leur démarche : « Il ne s’agit pas de demander moins de protection pour les femmes et les filles, mais de rechercher une protection plus forte, plus précise et davantage adaptée aux réalités vécues. » La conférence s’est achevée autour du même mot d’ordre : « Posons, écoutons, renforçons, puis ratifions. »