Amnesty International Côte d’Ivoire a présenté officiellement son rapport annuel ce 21 avril 2026, à son siège situé à Cocody. Le Directeur exécutif, Hervé Delmas Kokou et le Président du Conseil d’Administration d’Amnesty International Côte d’Ivoire, BONFIN Hervé ont lu ce rapport devant les médias présents.
Le rapport 2026 de Amnesty International dresse un constat préoccupant : en 2025, les droits humains ont connu un recul marqué à l’échelle mondiale. Conflits armés, dérives autoritaires et affaiblissement des mécanismes internationaux ont contribué à une dégradation généralisée des libertés fondamentales dans 144 pays, dont la Côte d’Ivoire.
Dans plusieurs régions du monde, des crimes graves ont été documentés, allant d’accusations de génocide à Gaza à des crimes contre l’humanité en Ukraine, en passant par des violences massives au Soudan et au Myanmar. Ces crises ont été aggravées par des transferts d’armes jugés irresponsables et une incapacité des États à faire respecter le droit international.
Parallèlement, la répression de la dissidence s’est intensifiée. De nombreux gouvernements ont restreint les libertés publiques à travers des arrestations arbitraires, l’usage excessif de la force contre des manifestants ou encore l’instrumentalisation des lois sécuritaires. Les discriminations, notamment à l’encontre des migrants, des femmes et des personnes LGBTI, restent également profondément ancrées, tandis que les inégalités économiques et l’inaction climatique fragilisent davantage les populations vulnérables.
Dans plusieurs régions du monde, des crimes graves ont été documentés, allant d’accusations de génocide à Gaza à des crimes contre l’humanité en Ukraine, en passant par des violences massives au Soudan et au Myanmar.

La Côte d’Ivoire marquée par plusieurs cas de violation des Droits de l’homme
À l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, les autorités ivoiriennes ont considérablement réduit l’espace civique. Manifestations et rassemblements ont été régulièrement interdits pour des raisons d’ordre public, malgré leur tenue effective sur le terrain. Cette période a été marquée par une répression notable : plus de 1 600 personnes ont été arrêtées, et plusieurs dizaines condamnées à des peines de prison, parfois lourdes.
Le climat politique s’est durci après l’invalidation des candidatures de figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Dans ce contexte tendu, le président Alassane Ouattara a été réélu pour un quatrième mandat. En parallèle, plusieurs sympathisants de l’opposition et un cybermilitant ont été arrêtés, souvent dans des conditions dénoncées comme contraires aux garanties d’un procès équitable.
Au-delà du champ politique, les restrictions ont également touché les mouvements sociaux. Dans le secteur de l’éducation, des enseignants grévistes ont été interpellés et condamnés, tandis que d’autres citoyens ont été arrêtés pour avoir exercé leur droit de grève.
Dans le secteur de l’éducation, des enseignants grévistes ont été interpellés et condamnés, tandis que d’autres citoyens ont été arrêtés pour avoir exercé leur droit de grève.

Sur le plan social, la population continue de faire face à un coût de la vie élevé, malgré une inflation en baisse. Les conséquences d’expulsions forcées menées dans certains quartiers d’Abidjan restent visibles, de nombreuses victimes n’ayant toujours pas été indemnisées de manière adéquate.
Les droits des femmes constituent un autre point de préoccupation. Si des centaines d’entre elles ont manifesté pour dénoncer les violences basées sur le genre, l’accès à la justice demeure limité, freinant la prise en charge effective des victimes.
À cela s’ajoute une situation sanitaire fragile, illustrée par une épidémie de choléra ayant fait une vingtaine de morts pour environ 550 cas recensés, révélant des insuffisances persistantes dans la réponse sanitaire.
Ainsi, à l’image des tendances mondiales, la Côte d’Ivoire a traversé une année 2025 marquée par des tensions politiques, des restrictions des libertés publiques et des défis sociaux importants. Pour Amnesty International, ces évolutions appellent à une vigilance accrue et à un renforcement des engagements en faveur des droits fondamentaux, tant au niveau national qu’international.
