Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) lors de son 2e briefing du corps diplomatique le jeudi 12 septembre 2024 a enregistré plusieurs saisines sur les faits majeurs de société ces derniers temps en Côte d’Ivoire.
L’autorité administrative indépendante chargée de protéger et promouvoir les droits de l’homme en Côte d’ivoire, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a indiqué le jeudi 12 septembre 2024 lors de son 2e briefing du corps diplomatique, qu’elle a enregistré de nombreuses saisines sur des faits majeurs de société.
En effet, depuis l’année 2024 plusieurs faits majeurs de société ont été dénoncés par les populations dont les plus récents sont la cherté de la vie, la situation des réfugiés Burkinabés en Côte d’Ivoire, les détentions d’étudiants, les suicides et les violences contre la communauté LGBTQ+ ou « phénomène Woubis » dans le pays.
Cette annonce a été faite par la présidente du CNDH, Namizata Sangaré au cours d’une cérémonie au siège de ladite institution à Cocody 2 plateaux en présence du corps diplomatique accrédité en Côte d’Ivoire.
« Le CNDH est préoccupé par le climat délétère qui règne actuellement autour du phénomène dit des Woubis… L’on est passé de la violence numérique aux agressions physiques dans des quartiers (Sicogi à Yopougon, à Bouaké par exemple). Nous avons enregistré 42 saisines et on s’est nous-mêmes auto-saisis dans certains cas » a déclaré Namizata Sangaré, la présidente du CNDH parlant du fait le plus récent.
Le CNDH est préoccupé par le climat délétère qui règne actuellement autour du phénomène dit des Woubis
Et d’ajouter : « Le CNDH appelle les populations à renoncer à l’usage de la violence dans l’expression de leur désaccord car les LGBTQ+ sont et restent des personnes humaines qui bénéficient des droits de l’homme consacrés par la constitution ivoirienne et les traités internationaux ratifiés. »
Par ailleurs, la présidente du CNDH a évoqué la situation des détenus dans les maisons d’arrêt et de correction en Côte d’Ivoire, tout en relevant qu’au terme d’une enquête réalisée du 10 au 14 juin 2024, l’effectif des détenus s’élevait à 23.515 dans les 35 établissements pénitentiaires enquêtés avec un effectif de 12.056 détenus en attente de jugement, soit 51,27%.
« 520 détenus ont formé un pourvoi en cassation. Les personnes en attente de jugement sont traitées dans la quasi-totalité des établissements pénitentiaires au même titre que les condamnés » a-t-elle regretté.
Non sans mentionner quelques recommandations faites par l’institution à savoir, encourager les magistrats à un recours effectif aux mesures alternatives à l’incarcération et à recourir à une application plus stricte des dispositions légales afférentes au délai de la détention provisoire.
Jean Martial DJEDJE
« 520 détenus ont formé un pourvoi en cassation. Les personnes en attente de jugement sont traitées dans la quasi-totalité des établissements pénitentiaires au même titre que les condamnés »
