La crise entre les autorités françaises et les nouvelles autorités militaires du Niger semble se déporter aux Jeux Olympiques de Paris, prévus du 26 juillet au 11 août 2024.
Selon le média panafricain Africa Intelligence, le Comité International Olympique (CIO), dirigé par Thomas Bach, a transmis une liste d’athlètes et autorités nigériennes devant se rendre en France pour ces Jeux, mais les autorités françaises ont retiré certains noms, notamment celui du ministre des sports, de la jeunesse, des arts et de la richesse, chef de la délégation, le colonel-major Abdourahamane Amadou.
Niamey, qui n’a plus d’ambassade française sur son sol, avait fait parvenir une demande d’accréditation pour près de soixante personnes, athlètes compris, auprès de l’ambassade espagnole, étroitement reliée à Paris. Plusieurs officiels nigériens, sans liens directs avec les JO, avaient aussi sollicité des laissez-passer ou leur renouvellement. Finalement, la délégation nigérienne ne sera composée que d’une trentaine de personnes, sans aucun ministre ni membre direct de la junte.
Plusieurs officiels nigériens, sans liens directs avec les JO, avaient aussi sollicité des laissez-passer ou leur renouvellement.
Ce retrait des autorités de la junte de la liste des Jeux Olympiques serait-il lié au bras de fer né du coup d’Etat militaire au Niger, que l’ancienne puissance coloniale avait condamné ? Tout porte à le croire. Le 26 juillet 2023, le régime militaire dirigé par le Général Abdourahamane Tiani, chef du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), a renversé le pouvoir de Mohamed Bazoum, un allié sûr de la France dans le Sahel. Paris et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avaient alors ordonné le retour à l’ordre constitutionnel avec Bazoum, brandissant une intervention militaire et des sanctions économiques.
Des menaces que la junte dirigée par le général Tiani a bravées, critiquant l’implication de l’ancienne puissance coloniale dans les affaires du Niger. Depuis, les relations bilatérales entre le Niger et la France ne cessent de se détériorer, engendrant notamment la fermeture, le 27 juin dernier, du Centre Culturel Franco-nigérien Jean Rouch à la demande des autorités militaires nigériennes, et celle de l’ambassade de France au Niger le 29 décembre 2023, « pour un délai indéterminé » selon Sylvain Itté, alors ambassadeur français au Niger.
Le 26 juillet 2023, le régime militaire dirigé par le Général Abdourahamane Tiani, chef du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), a renversé le pouvoir de Mohamed Bazoum, un allié sûr de la France dans le Sahel.
De plus, en septembre 2023, la France a suspendu « jusqu’à nouvel ordre toute coopération avec les artistes du Niger, du Burkina Faso et du Mali », incluant la délivrance de visas, et a interdit aux étudiants nigériens de s’inscrire dans les universités françaises. Le sort réservé aux autorités de la junte nigérienne pour ces Jeux Olympiques en France sera-t-il le même que celui réservé aux autorités militaires du Mali et du Burkina Faso, deux autres pays également dirigés par des juntes militaires membres, comme le Niger, de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), contestés par Paris et la CEDEAO ?
La situation reste tendue et pourrait bien avoir des répercussions sur la participation du Niger aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
