Président du Consortium des Journalistes Professionnels Africains pour le Renforcement de la Coopération Sino-Africaine (CJPASA), une organisation présente dans 11 pays africains, Beugré Auguste Médéric milite pour un partenariat sino-africain renforcé et la lutte contre le réchauffement climatique en Afrique. Dans cet entretien, il revient sur les ambitions du CJPASA, les défis de la coopération sino-africaine et les solutions envisageables pour un développement durable du continent.
- C’est une nouvelle année qui s’annonce quels sont vos vœux à l’égard de vos confrères et partenaires ?
- Vous aviez été récemment invité au Brésil au compte du CJPASA. Racontez-nous un peu le contexte de cette visite ?
- Le président Xi Jinping met en avant la coopération Sino-Africaine. Quels sont les opportunités que cela ouvre à votre organisation ?
- Vous prévoyez de nombreuses actions pour l’année 2025, peut-on énumérer quelques-unes et leur pertinence ?
- Comment voyez-vous les relations entre la Côte d’Ivoire et la Chine et quels sont les secteurs que l’on doit développer ?
- Quel est votre mot de fin ?
C’est une nouvelle année qui s’annonce quels sont vos vœux à l’égard de vos confrères et partenaires ?
Je remercie chaleureusement le média Papot.net pour l’honneur qui m’est fait de m’exprimer sur le Nouvel An chinois et les perspectives de coopération économique entre la Côte d’Ivoire et la Chine en particulier en général entre la Chine et les pays Africains. À cette occasion, j’adresse mes vœux de santé, de prospérité et de paix profonde à toute la communauté chinoise en Côte d’Ivoire et à travers le monde. Puisse cette année placée sous le signe du Serpent renforcer les liens entre la Chine et les pays africains via les professionnels des médias.
Vous aviez été récemment invité au Brésil au compte du CJPASA. Racontez-nous un peu le contexte de cette visite ?
En tant que président du Consortium des Journalistes Professionnels Africains pour le Renforcement de la Coopération Sino-Africaine (CJPASA), j’ai eu l’honneur de représenter notre organisation lors du premier sommet des médias et des groupes de réflexion des pays du Sud global, qui s’est tenu à São Paulo, au Brésil. J’ai participé à cet événement, suite à un webinaire organisé conjointement par le CJPASA, actuellement présent dans 11 pays africains, et l’Agence de Presse Xinhua.
Les pays du Sud global s’inscrivent dans une dynamique de transformation face aux défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels ils sont confrontés. Dans cette perspective, le Brésil, la Chine et certains pays satellites ont convié les médias à ce sommet afin de les impliquer pleinement dans la mise en œuvre des politiques publiques et dans la recherche de solutions durables aux enjeux communs des nations du Sud.
Ce sommet a rassemblé 350 participants représentant 170 organisations et médias issus de plus de 70 pays. Placé sous le thème « Développement et revitalisation : un nouveau voyage pour le Sud Global », cet événement a constitué une plateforme d’échanges stratégiques sur les défis et opportunités des nations du Sud.
J’ai participé à cet événement, suite à un webinaire organisé conjointement par le CJPASA, actuellement présent dans 11 pays africains, et l’Agence de Presse Xinhua.

Le président Xi Jinping met en avant la coopération Sino-Africaine. Quels sont les opportunités que cela ouvre à votre organisation ?
La coopération sino-africaine, fortement encouragée par le président Xi Jinping, représente une opportunité stratégique pour le CJPASA. Grâce aux partenariats avec les médias et institutions chinois et Africains, le consortium peut bénéficier de formations, d’échanges éditoriaux et de collaborations pour renforcer les capacités des journalistes africains. Cette dynamique permettrait également une meilleure couverture médiatique des enjeux sino-africains et un partage d’expertise en matière de journalisme et de communication.
Outre cela, les fonds et programmes de soutien mis en place dans le cadre de cette coopération peuvent offrir au CJPASA la possibilité d’accéder à des financements pour la réalisation de certains projets stratégiques. La participation à des forums internationaux, tels que le FOCAC, renforcerait sa visibilité et faciliterait la création de nouvelles alliances stratégiques. Par ailleurs, les questions environnementales étant prioritaires dans cette coopération, le consortium peut jouer un rôle clé dans la sensibilisation et la formation des médias sur les défis climatiques en Afrique.
Vous prévoyez de nombreuses actions pour l’année 2025, peut-on énumérer quelques-unes et leur pertinence ?
En cette année, le CJPASA prévoit de mener plusieurs activités visant à renforcer la coopération sino-africaine et à sensibiliser aux enjeux environnementaux, notamment le réchauffement climatique. Parmi les événements clés, on retrouvera des ateliers sur les outils numériques et les technologies de l’information, des conférences-débats sur des thèmes essentiels comme la préservation de la biodiversité et la lutte contre la déforestation, ainsi que des journées d’action contre le réchauffement climatique à travers des activités de sensibilisation telles que la plantation d’arbres et le nettoyage des plages. Un webinaire sur les investissements chinois en Afrique sera également organisé pour discuter des impacts économiques de ces investissements sur le continent. Enfin, un concours de projets écoresponsables encouragera les initiatives innovantes en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Ces initiatives s’inscrivent dans la mission du CJPASA de promouvoir un développement durable et de renforcer les partenariats stratégiques entre l’Afrique et la Chine.
Grâce aux partenariats avec les médias et institutions chinois et Africains, le consortium peut bénéficier de formations, d’échanges éditoriaux et de collaborations pour renforcer les capacités des journalistes africains

Comment voyez-vous les relations entre la Côte d’Ivoire et la Chine et quels sont les secteurs que l’on doit développer ?
Les relations entre la Côte d’Ivoire et la Chine se sont considérablement renforcées ces dernières années, marquées par une coopération croissante dans divers secteurs économiques, commerciaux et diplomatiques. La Chine est devenue un partenaire stratégique majeur pour la Côte d’Ivoire, notamment dans les domaines de l’infrastructure, du commerce et de l’investissement.
Lors du Forum sino-africain 2024, la Chine et la Côte d’Ivoire ont signé plusieurs accords pour renforcer leur coopération, notamment dans la communication et le numérique. Avec des investissements dépassant les 2 milliards de dollars en 2023, ce partenariat soutient des projets d’infrastructures clés et ouvre la voie à une collaboration accrue dans des secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle et la santé.
En 2023, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 5.8 milliards de dollars selon les chiffres officiels, plaçant ainsi la Chine comme le deuxième partenaire commercial de la Côte d’Ivoire derrière l’Union Européenne.
En de secteur clé d’investissement, le secteur des infrastructures demeure un domaine clé où la Chine a joué un rôle déterminant. Avec son expertise en construction, la Chine a contribué à des projets d’envergure, notamment dans la construction de routes, de ponts, de ports et d’aéroports.
Le domaine de l’agriculture et de l’agro-industrie offre également de grandes opportunités de coopération. La Chine pourrait apporter son savoir-faire en matière de technologies agricoles, d’irrigation moderne et de transformation agroalimentaire, ce qui permettrait à la Côte d’Ivoire d’améliorer sa production locale et d’accroître la valeur ajoutée de ses produits agricoles, notamment le cacao, le café et l’huile de palme.
La gestion de l’énergie et des ressources minières est un autre secteur stratégique. La Côte d’Ivoire, riche en ressources naturelles, pourrait bénéficier de l’expertise chinoise en matière d’exploitation minière et de production d’énergie, notamment à travers des projets d’énergies renouvelables comme l’énergie solaire et éolienne, afin de diversifier ses sources d’énergie et de favoriser un développement durable.
Hormis ce qui précède, le secteur des technologies, de l’innovation et de la Communication représente un levier de développement important sur lequel il faut miser. La Chine, leader en matière de technologies numériques, d’intelligence artificielle et de télécommunications, peut aider la Côte d’Ivoire à moderniser ses infrastructures numériques et à soutenir l’émergence de startups technologiques.
Quel est votre mot de fin ?
Je tiens à saluer la politique stratégique du Président chinois Xi Jinping, qui a su placer le développement des pays africains, et notamment de la Côte d’Ivoire, au cœur des priorités diplomatiques de la Chine. Son engagement en faveur de la coopération sino-africaine constitue un facteur important pour le progrès et la croissance économique du continent.
Le CJPASA, qui s’est assigné les missions de renforcement des liens entre la Chine et les pays Africains et la lutte contre le réchauffement climatique en Afrique, entend jouer un rôle essentiel en soutenant toutes les initiatives et politiques visant à favoriser le développement durable et la croissance économique en Afrique. Nous souhaitons être impliqué davantage dans les programmes stratégiques dont les objectifs à long terme visent le développement des pays africains. Nous continuerons à travailler étroitement avec les institutions africaines et chinoises afin de renforcer cette coopération et de contribuer, de manière significative, à l’essor de nos économies et à la préservation de notre environnement.
Avant de clore cet entretien, je tiens à remercier les autorités diplomatiques chinoises présentes dans tous les pays Africains pour les efforts de développement consentis et j’invite par ailleurs celles-ci à impliquer davantage les médias dans la mise en œuvre des politiques publiques visant à créer une communauté d’avenir partagé tel que souhaité par le Président Xi Jinping.