La coopération entre la Côte d’Ivoire et le Japon franchit une nouvelle étape dans le domaine de la sécurité et de la gouvernance migratoire. Ce lundi 22 décembre 2025, un nouveau projet structurant a été officiellement lancé à Abidjan, en présence de hautes autorités ivoiriennes et japonaises, ainsi que des responsables de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Intitulé « Renforcement des capacités de gestion des frontières en Côte d’Ivoire », ce projet a été formellement signé et lancé par le Général Vagondo Diomandé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Son Excellence Monsieur Junji Gomakubo, ambassadeur du Japon en Côte d’Ivoire, et Monsieur David Preux, chef de mission de l’OIM en Côte d’Ivoire. Il s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la sécurité nationale et de modernisation de la gouvernance frontalière face aux défis migratoires et sécuritaires dans la sous-région.
Pour le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, cette initiative occupe une place stratégique dans le dispositif sécuritaire du pays. « Ces réalisations témoignent avec éloquence de la constance, de la qualité et de la profondeur du partenariat ivoiro-japonais, fondé sur la confiance mutuelle, le respect réciproque et une vision partagée d’une paix durable », a-t-il souligné, mettant en avant la solidité d’une coopération bâtie sur le long terme.
Mis en œuvre par l’OIM sur une période de deux ans et financé par le Gouvernement du Japon, le projet vise à renforcer durablement la présence fonctionnelle de l’État ivoirien dans les régions du Bounkani et du Tchologo, deux zones frontalières stratégiques situées au nord-est du pays. À travers la consolidation des infrastructures et le renforcement des capacités opérationnelles des services compétents, l’initiative ambitionne d’améliorer la gestion intégrée des frontières, tout en prenant en compte les réalités locales liées aux flux migratoires, à la transhumance et à l’exploitation des ressources naturelles.
Ces réalisations témoignent avec éloquence de la constance, de la qualité et de la profondeur du partenariat ivoiro-japonais, fondé sur la confiance mutuelle, le respect réciproque et une vision partagée d’une paix durable

Dans un contexte sous-régional marqué par la persistance de menaces sécuritaires, le projet entend également appuyer les mécanismes de prévention des conflits, notamment ceux liés aux mouvements transfrontaliers de populations et de bétail. L’objectif est d’accroître la résilience des communautés locales et de promouvoir une stabilité durable dans les zones frontalières, souvent exposées à des tensions multiformes.
Sur le terrain, plusieurs actions concrètes sont prévues. Il s’agit notamment de la construction et de l’équipement d’un poste de police frontalier, de l’implantation d’un commissariat de police mixte, de la mise en place d’un bureau de contrôle de la douane, ainsi que de la création d’un poste de transhumance destiné à une meilleure gestion des flux pastoraux. Ces investissements en infrastructures seront complétés par des actions de renforcement des capacités, à travers la formation des agents de la police et de la douane, ainsi que l’organisation de rencontres transfrontalières visant à consolider la coopération entre les acteurs locaux des zones concernées.
S’exprimant à cette occasion, Son Excellence Monsieur Junji Gomakubo, ambassadeur du Japon en Côte d’Ivoire, a précisé l’ampleur financière et les enjeux du projet. « Il s’agit d’un projet tripartite financé par le Japon à hauteur de 461 millions de yens, soit environ 1 milliard 844 millions de francs CFA, et mis en œuvre par l’OIM en collaboration avec le gouvernement ivoirien », a-t-il indiqué. Il a également rappelé que le nord de la Côte d’Ivoire accueille actuellement près de 80 000 réfugiés et demandeurs d’asile en provenance des pays voisins, dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre éleveurs transhumants et communautés d’accueil, notamment autour de l’accès à l’eau. À cela s’ajoutent des menaces sécuritaires telles que le passage illégal de frontières par des groupes armés, les attaques, la traite des êtres humains et la contrebande.
Ces investissements en infrastructures seront complétés par des actions de renforcement des capacités, à travers la formation des agents de la police et de la douane, ainsi que l’organisation de rencontres transfrontalières visant à consolider la coopération entre les acteurs locaux des zones concernées.

Pour les partenaires, ce projet s’inscrit dans la continuité d’un partenariat trilatéral solide et stratégique entre la Côte d’Ivoire, le Japon et l’OIM. Une collaboration qui place au cœur de ses priorités la promotion d’une migration sûre, humaine et ordonnée, tout en contribuant au renforcement de la sécurité nationale et régionale. « Ces actions contribueront à une meilleure régulation des flux de marchandises, à la facilitation du commerce légal et à la lutte contre les trafics illicites, dans une logique de coopération et de complémentarité des mandats, assurant une présence visible et efficace de l’État », a souligné Monsieur David Preux, chef de mission de l’OIM en Côte d’Ivoire. Il a également insisté sur la réponse structurée qu’apporte le projet aux enjeux liés à la transhumance transfrontalière, facteur majeur de tensions dans certaines zones frontalières.
À travers cette initiative, la Côte d’Ivoire réaffirme sa volonté de moderniser sa gouvernance frontalière avec l’appui de partenaires engagés, au service de la paix, de la cohésion sociale et du développement durable des territoires frontaliers.