Côte d’Ivoire : Amnesty International appelle à la libération d’un enseignant syndicaliste

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En Côte d’Ivoire, l’arrestation et la condamnation du syndicaliste Ghislain Duggary Assy suscitent une vague d’indignation. Secrétaire à la communication du syndicat Mouvement des enseignants pour la dynamique de la dignité, il a été arrêté dans la nuit du 2 au 3 avril 2025, à son domicile, par des hommes cagoulés.

Cette interpellation est intervenue quelques heures avant la grève annoncée par deux organisations intersyndicales pour les 3 et 4 avril, visant notamment à obtenir une revalorisation des primes trimestrielles des enseignants.

Interrogé la même nuit à la préfecture de police sans la présence d’un avocat, Ghislain Duggary Assy a été ensuite transféré au parquet le 4 avril. Ce n’est qu’à ce moment qu’il a pu consulter un avocat, avant d’être placé sous mandat de dépôt. Le 8 avril, il a été reconnu coupable de « coalition d’agents publics » et « entrave au fonctionnement du service public » et condamné à deux ans de prison ferme. Son avocat a fait appel dès le lendemain, mais la date de l’audience n’a pas encore été fixée. Depuis, il est détenu au pôle pénitentiaire d’Abidjan.

Les circonstances de son arrestation et de sa condamnation soulèvent de vives inquiétudes au sein des organisations de défense des droits humains. Amnesty International, notamment, considère que l’action de Ghislain Duggary Assy — un appel pacifique à la grève — ne constitue en aucun cas un crime. L’ONG dénonce une détention arbitraire, uniquement motivée par l’exercice pacifique de ses droits à la liberté d’expression, d’association et de grève, garantis par la Constitution ivoirienne ainsi que par plusieurs traités internationaux auxquels la Côte d’Ivoire a adhéré, tels que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Son avocat a fait appel dès le lendemain, mais la date de l’audience n’a pas encore été fixée. Depuis, il est détenu au pôle pénitentiaire d’Abidjan.

Le 21 mars 2025, dans le respect des procédures légales, deux intersyndicales avaient adressé un préavis de grève au ministre de l’Éducation nationale. Leur mouvement s’inscrivait dans la continuité d’une mobilisation entamée en octobre 2024, face à des négociations jugées infructueuses. Bien que le gouvernement ait promis la création d’un comité pour traiter leurs revendications, les syndicats affirment que ce dernier ne s’est jamais réuni.

Dans une déclaration en date du 5 avril, le ministère de la Fonction publique a qualifié la grève d’« illégale » et a menacé de sanctions les enseignants grévistes. Le 8 avril, une dizaine de membres du conseil intersyndical ont également été brièvement arrêtés avant d’être relâchés.

Face à ce qu’elle considère comme une violation flagrante des droits des travailleurs, Amnesty International et plusieurs organisations de la société civile appellent les autorités ivoiriennes à annuler la condamnation de Ghislain Duggary Assy et à procéder à sa libération immédiate et sans condition.

Face à ce qu’elle considère comme une violation flagrante des droits des travailleurs, Amnesty International et plusieurs organisations de la société civile appellent les autorités ivoiriennes à annuler la condamnation de Ghislain Duggary Assy

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César Kouamé est un journaliste ivoirien engagé, spécialisé dans les questions d’intérêt public, notamment l’environnement, le climat et les dynamiques sociales en Afrique de l’Ouest. Fort d’une expérience en journalisme de terrain et en enquêtes transfrontalières, il a collaboré avec plusieurs médias de référence et occupe des fonctions éditoriales stratégiques. Actuellement rédacteur en chef et fondateur du média en ligne papot.net, il œuvre pour une information indépendante, accessible et orientée vers l’impact. Son travail s’inscrit dans une démarche de promotion de la transparence, du développement durable et des Objectifs de développement durable (ODD). Lauréat de programmes internationaux, il s’investit également dans des initiatives panafricaines visant à renforcer le journalisme d’investigation et l’innovation dans les médias.
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