Avant la finale du Concours Disc-jockey (Dj) monde qui se tiendra à Paris du 18 au 19 octobre 2024, Silver Dj, l’Ivoirien qui a remporté l’étape d’Abidjan avec brio et qui représente l’Afrique de l’Ouest dans la catégorie ‘’Open’’ s’est entretenu avec nous. Il nous a instruit sur ses ambitions, ses nuits blanches de préparation et son espoir d’être classé parmi les meilleurs Dj au monde.
Qui est Silver Dj et comment a-t-il gravi les échelons pour arriver à concourir à Paris au Disco mix club (Dmc), en qualité de représentant de l’Afrique de l’Ouest, option ‘’Open’’ ?
Silver Dj alias Siaka Coulibaly est né et a grandi à Bouaké, ville dans laquelle il débute sa carrière sur les platines à fin 2019, après l’obtention d’un diplôme en électronique à Abidjan. Il rentre alors en famille pour se ressourcer et succombe sous le charme du métier de disc-jockey (animateur scénique musical). La suite est connue, je me retrouve représentant de l’Afrique de l’Ouest à Paris au plus prestigieux concours de Dj, dénommé ‘’Dmc’’. En réalité j’ai été obsédé par les mixes de Dj Bdk, lors d’une émission radio. En famille j’ai essayé de m’intéresser à cet art, dont la flamme naissait en moi dans le fond et que je ne pouvais en amont pas exercer à cause des études et la pression familiale, de me voir réussir dans le domaine électronique. A Bouaké, lors de mon retour de ma formation en électronique, j’ai commencé à m’exercer dans l’un des espaces clés de la ville, nommé le Black Jill, en qualité de Dj résident pendant 9 mois. Un mois plus tard j’apprends l’existence de Dj School Abidjan. Vu que je voulais me perfectionner dans l’art des platines, je n’ai pas réfléchi par deux fois et je me suis inscrit dans cet établissement pour professionnaliser ce que j’ai appris sur le tas et essayer de donner un nom à ce que je faisais.
Vous avez participé au concours Dmc West Africa (section Afrique de l’Ouest), dans la catégorie ‘’Open’’ en tant que candidat. Vous avez été classé premier. Comment avez-vous préparé cette compétition ?
Pour la Dmc, je veux qu’on retienne que cela a été un rêve de participer depuis mon enfance à cette compétition, qui d’ailleurs est la plus prestigieuses au monde dans l’art du Dj. J’ai travaillé dur pour souscrire à ce concours, puisqu’on nous demandait des vidéos à faire parvenir sur le site de Dmc. Et qu’un jury devait donner son avis sur les prestations, avant de permettre aux retenus d’être candidats. Je n’ai pas hésité une seconde pour tenter l’aventure en envoyant à l’organisateur deux vidéos, notamment l’une dans la catégorie ‘’Classique’’, qui dure 6 minutes et l’autre dans la catégorie ‘’Open’’, qui affiche une durée de 12 minutes. Au cours desquelles, le Dj doit créer une ambiance festive, afin de satisfaire sa clientèle avec toutes les techniques en sa possession. La grâce divine a fait que j’ai été retenu dans les deux catégories. J’ai été classé troisième dans la catégorie Classique et premier dans la catégorie Open. En un rien de temps, cela m’a permis de faire des tournées au Congo et dans d’autres pays. Le temps qui me restait pour ma préparation à la finale était beaucoup trop juste. Alors j’ai jugé bon de ne compétir que dans la catégorie Open. Chose que je sais faire le mieux, puisque ma spécialité, c’est le clubbing (animation en club ‘’boîte de nuit’’). Cela m’a pris des heures et des heures de préparation, vu que dès la parution des résultats, il me fallait travailler d’arrache-pied pour mon set (menu) en rassemblant toutes les idées et titres susceptibles de me faire triompher. Ce sont des nuits blanches de travail accumulées, qui m’ont permis d’être classé premier à Abidjan et d’aller à Paris défendre l’Afrique de l’Ouest le 19 octobre 2024.
Pour la Dmc, je veux qu’on retienne que cela a été un rêve de participer depuis mon enfance à cette compétition, qui d’ailleurs est la plus prestigieuses au monde dans l’art du Dj.

Dans quel état d’esprit avez-vous concouru à Abidjan, vu que les autres candidats étaient plus anciens que vous dans le métier ?
C’était très chaud, si j’ose le dire. Parce que je devais honorer mes dates de la tournée et j’avais aussi la pression de la compétition à l’esprit. Or, il me fallait tout faire pour avoir une amende honorable à cette compétition. Comme on le sait, un Dj en tournée ne fait que des mixes. Le temps était rare pour une préparation sérieuse. C’est ainsi qu’après deux semaines de tournée, je suis revenu le mercredi (18 septembre 2024 : ndlr) pour préparer le concours qui devait avoir lieu le samedi 21 septembre 2024. Durant ce laps de temps, je n’ai fait que des nuits blanches pour travailler, afin de faire valoir le talent qui est en moi. Ce n’était pas facile, parce que tu as des idées en tête certes, mais il faut les mettre en application physiquement, surtout de manière sonore pour que le jury te désigne premier.
Le 19 octobre est la concrétisation des efforts de chaque candidat à la finale du Dmc. Qu’est-ce que ça vous dit de représenter l’Afrique de l’Ouest dans cette compétition majeure du métier de disc-jockey ?
J’avais signalé au début de notre entretien que c’est un rêve d’enfance de me présenter à cette bataille de titans des platines. C’est un énorme honneur pour moi de représenter les drapeaux ouest-africains. C’est pour moi une énorme responsabilité et je travaillerai avec ardeur, même si cela doit occasionner beaucoup de nuits blanches encore et beaucoup de booking (travaux dans l’entreprise qui l’emploie) que je vais être obligé d’annuler à cause de ma préparation. Je me dis que je n’ai pas droit à l’erreur et aussi que je ne veux pas être classé à un rang qui n’honore pas mon continent en général et mon pays (Côte d’Ivoire) en particulier. Faire partie des finalistes et aller représenter la sous-région est un énorme poids, vu qu’à l’étape de Paris (France), il y aura les grosses têtes de tous les continents. Il me faut passer tous les tours et être sélectionné parmi ceux qui atteindront la finale. Rien ne sert d’arriver à Paris et se faire éliminer au premier tour qui aura lieu le 18 octobre 2024. En effet, dès que tu es éliminé, le jour suivant tu rentres dans ton pays.
Rien ne sert d’arriver à Paris et se faire éliminer au premier tour qui aura lieu le 18 octobre 2024
Comment vous préparez-vous pour avoir la tête haute à Paris ?
Dès le lendemain des résultats de la manche d’Abidjan, j’ai commencé ma préparation en mettant les idées au clair et en essayant de renforcer ce que j’ai produit la veille et qui m’a valu la qualification. Pas mal de choses ont été modifiées dans mon set, afin de le rendre encore plus costaud. J’ai trois semaines pour me préparer, donc il me faut produire chaque jour quelque chose de nouveau, pour arrondir les angles, afin de présenter une bonne sélection à Paris. Que l’Afrique de l’Ouest ne s’inquiète pas, je serai à la hauteur.