Festival des 3A : à Bahuama, la culture au service de l’autonomisation des femmes rurales

Youssef Izoudine
4 min de lecture
Festival des 3 A

La 8ᵉ édition du Festival des 3A s’est ouverte, samedi 8 août 2026, à Bahuama, dans le département de Jacqueville, avec une ambition clairement affichée : valoriser le patrimoine culturel des peuples Alladjan, Ahizi et Avikam, tout en mettant en lumière la contribution des femmes rurales au développement économique et social de la région.

Placée sous le thème « La femme rurale, citadelle des 3A au service du développement dans la région », cette édition entend promouvoir les savoir-faire féminins et renforcer les initiatives en faveur de l’autonomisation des femmes.

Un plaidoyer pour les femmes rurales

À l’ouverture du festival, la commissaire générale, Geneviève Dagry épouse Akha, a plaidé pour un accompagnement plus concret des femmes rurales, notamment celles qui évoluent dans l’agriculture, la production de sel, la transformation de l’attiéké, la vente de poisson et la production d’huile de coco.

« Ces dames sont battantes. Elles ont vraiment besoin du matériel pour pouvoir travailler », a-t-elle déclaré.

Elle a notamment annoncé des projets portant sur la création d’unités de production de sel, d’attiéké et d’huile de coco pressée à froid. Des initiatives destinées à renforcer les capacités de production et les revenus des femmes concernées.

La question de la santé occupe également une place importante dans cette édition. Une opération de dépistage cardiovasculaire est prévue avec l’appui d’une clinique, qui met à disposition 3 000 kits pour le contrôle de la tension artérielle et de la glycémie.

La transmission du patrimoine aux jeunes

Au-delà de l’autonomisation économique, le Festival des 3A entend renforcer la transmission des traditions aux nouvelles générations. Plusieurs activités sont ainsi prévues, notamment un camping à la jungle, la visite de maisons ancestrales et des prestations de danses traditionnelles.

Ces différentes initiatives visent à permettre aux jeunes de mieux connaître leur histoire, leurs traditions et les savoir-faire transmis par leurs aînés.

Représentant le préfet de Jacqueville, le secrétaire général de la préfecture a salué une manifestation qui s’impose progressivement comme un rendez-vous culturel majeur. Il a également transmis le soutien de la marraine du festival, la chancelière honoraire Henriette Dagri Diabaté.

Au nom de la chefferie traditionnelle, Badjo Bruno a salué l’engagement de la marraine en faveur de la culture et du développement local. Il a toutefois attiré l’attention sur certaines difficultés qui affectent les populations, notamment celles liées à l’état des routes.

Culture et tourisme, un même levier de développement

Représentant Côte d’Ivoire Tourisme, la sous-directrice Gbabé Michèle a insisté sur le lien étroit entre patrimoine culturel et attractivité touristique. « Il n’y a pas de tourisme sans culture », a-t-elle souligné, réaffirmant l’engagement de l’institution à accompagner le Festival des 3A.

Pour sa part, le président du comité d’organisation, Anem, a présenté le festival comme un espace de rencontre, de transmission et de fraternité, contribuant au rapprochement des communautés.

À travers cette 8ᵉ édition, le Festival des 3A entend ainsi faire de la culture un levier de développement local, tout en donnant davantage de visibilité aux femmes rurales, à leurs savoir-faire et à leurs activités économiques. Une démarche qui inscrit le patrimoine, l’autonomisation des femmes et la cohésion sociale au cœur de l’avenir de Jacqueville.

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