Conscients de leur rôle crucial dans la sensibilisation des populations, une quinzaine de journalistes engagés pour le climat et l’environnement, dont des membres du Réseau des Journalistes Ivoiriens contre la Crise Climatique et Environnementale (RJICCE), ont participé à un atelier de formation sur la Fresque du Climat. Cette session de renforcement des capacités s’est tenue le samedi 8 février dernier dans les locaux du Projet d’Amélioration de la Gouvernance pour la Délivrance des Services de
Durant trois heures, les journalistes ont été plongés au cœur des mécanismes du changement climatique. À travers une approche collaborative, ils ont coconstruit la Fresque du Climat, une méthode pédagogique développée par l’ingénieur environnemental Cédric Ringenbach. Cette technique permet d’avoir une vision globale et systémique du changement climatique en mettant en évidence les interconnexions entre les causes et les conséquences de la crise environnementale. Une cause peut en engendrer plusieurs conséquences, et une conséquence peut elle-même devenir la cause d’un autre problème climatique, illustrant ainsi l’effet boule de neige du dérèglement climatique. Cette approche tangible de la crise climatique par les participants, le samedi 8, grâce au Projet d’Amélioration de la Gouvernance pour la Délivrance des Services de base aux citoyens est une réalité indéniable qui exige des actions concrètes et une information rigoureuse.
Cet atelier a permis aux journalistes de mieux appréhender la gravité des impacts de l’activité humaine sur l’environnement. Déforestation, émissions massives de gaz à effet de serre, pollution des ressources naturelles : autant de phénomènes qui s’accélèrent et dont les conséquences sont de plus en plus visibles, en particulier en Afrique où les populations sont souvent les premières victimes du réchauffement climatique.
Vous êtes des journalistes et vous avez un pourvoi d’influence, un devoir de responsabilités. Vous êtes ceux qui doivent comprendre tout ce que vous voyez. Vous faire cette formation c’est vous permettre d’avoir des outils de réflexion, de pouvoir poser de bonnes questions pour essayer de comprendre les enjeux climatiques. Vous avez la capacité d’éduquer, d’informer, d’inspirer, d’enquêter, d’analyser… vous êtes une clé. Donc il faut parler correctement du changement climatique dans les médias.

Le rôle des journalistes : informer pour transformer
Au-delà d’une simple sensibilisation, cette formation visait à renforcer les compétences des journalistes afin qu’ils puissent produire des analyses approfondies et des contenus percutants sur les enjeux climatiques.
« Vous êtes des journalistes et vous avez un pourvoi d’influence, un devoir de responsabilités. Vous êtes ceux qui doivent comprendre tout ce que vous voyez. Vous faire cette formation c’est vous permettre d’avoir des outils de réflexion, de pouvoir poser de bonnes questions pour essayer de comprendre les enjeux climatiques. Vous avez la capacité d’éduquer, d’informer, d’inspirer, d’enquêter, d’analyser… vous êtes une clé. Donc il faut parler correctement du changement climatique dans les médias. » Clarifiait Florence N’dakonan, patronne de la fresque du climat en côte d’ivoire.
L’information environnementale doit être réaliste, accessible et surtout impactante. L’objectif est de déconstruire les discours climatosceptiques, d’informer de manière scientifique et de favoriser des prises de décision éclairées aussi bien au niveau individuel que collectif.
Les échanges entre participants ont permis de souligner la nécessité d’un journalisme plus engagé, capable de mettre en lumière les défis climatiques, d’interpeller les décideurs et de responsabiliser les citoyens. En tant que relais entre la science et la société, les journalistes ont un rôle clé à jouer pour encourager la transition écologique et susciter une prise de conscience massive.
Il faut qu’ensemble on puisse valoriser tout ce qu’on peut faire et ce qu’on a sur le plan local pour lutter contre le changement climatique. Parce que si on ne reste que quelques-uns, entre experts, on ne va jamais y arriver. Il faut que tout le monde s’y mette et que les populations comprennent mieux la question climatique afin de se protéger.
Un engagement renforcé pour l’avenir
À travers cet atelier, les journalistes présents ont pris conscience de l’urgence de produire un journalisme climatique rigoureux et pédagogique. Leur mission ne s’arrête pas à l’information : ils doivent aussi accompagner les populations dans la compréhension des phénomènes climatiques et promouvoir des solutions adaptées aux réalités locales.
Ce qui passe par une formation pratique comme celle-là selon l’animatrice Florence N’dakonan. « Il faut qu’ensemble on puisse valoriser tout ce qu’on peut faire et ce qu’on a sur le plan local pour lutter contre le changement climatique. Parce que si on ne reste que quelques-uns, entre experts, on ne va jamais y arriver. Il faut que tout le monde s’y mette et que les populations comprennent mieux la question climatique afin de se protéger. » Affirmait la référence nationale de la Fresque du climat, par ailleurs responsable de Autres possibles.
Les participants ont également été sensibilisés à leur propre responsabilité dans la lutte contre le réchauffement climatique par les co-animateurs Marie EBROTTIE et Stephane KOUE BI. Le journalisme environnemental ne se limite pas à la dénonciation : il doit aussi être un outil de mobilisation et de transformation. Ce type de formation est donc essentiel pour doter les journalistes des outils nécessaires afin qu’ils puissent remplir pleinement leur rôle de « soldats du climat et de l’environnement ».
Ce premier atelier sur la Fresque du Climat ne marque pas la fin de l’engagement des journalistes ivoiriens pour l’environnement, mais bien le début d’une action plus structurée et plus efficace. Dans un contexte où la crise climatique menace chaque jour davantage nos sociétés, l’information de qualité demeure une arme essentielle pour éveiller les consciences et inciter à l’action. Car face à l’urgence climatique, l’inaction n’est plus une option. Et la combinaison des forces du PAGDS et des journalistes pourrait faire la différence.