Gestion des frontières : la Côte d’Ivoire renforce son dispositif sécuritaire avec un nouveau projet financé par le Japon

Ousseni Sawadogo
8 min de lecture

Le Gouvernement ivoirien franchit une nouvelle étape dans le renforcement de la sécurité de ses frontières. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général Vagondo Diomandé, a officiellement lancé, le lundi 6 juillet 2026 à son cabinet à Abidjan, le projet de renforcement des capacités de gestion des frontières et de la résilience des communautés face aux menaces pesant sur la sécurité et la stabilité dans le nord de la Côte d’Ivoire.

La cérémonie a également été marquée par la revue à mi-parcours de la phase pilote du Système d’information et d’analyse des données sur la migration (MIDAS), déployé au poste-frontière de Kalamon, en présence des partenaires techniques et financiers, notamment le Gouvernement du Japon et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le ministre Vagondo Diomandé a salué les premiers résultats obtenus grâce au système MIDAS, mis en service à Kalamon depuis le 1er avril 2026. Selon lui, cette technologie constitue un outil stratégique pour moderniser le contrôle aux frontières et renforcer la sécurité nationale.

« Cette rencontre nous permet d’apprécier les résultats déjà obtenus grâce au Système d’information et d’analyse des flux migratoires (MIDAS) au poste-frontière de Kalamon. Elle marque également le lancement officiel d’un nouveau projet financé par le Gouvernement du Japon, preuve de la qualité de notre partenariat ainsi que de la confiance renouvelée accordée à la Côte d’Ivoire dans ses efforts de modernisation de la gestion intégrée de ses frontières », a déclaré le ministre.

Le Général Vagondo Diomandé a rappelé que les défis sécuritaires actuels dépassent les frontières administratives. Trafic illicite de migrants, traite des personnes, fraude documentaire, terrorisme, trafic de stupéfiants et commerce illicite des armes imposent, selon lui, une réponse coordonnée et des moyens technologiques performants.

Face à ces menaces, a-t-il souligné, la Côte d’Ivoire a fait le choix de l’anticipation en investissant dans des technologies modernes, en renforçant les capacités opérationnelles des forces de sécurité et en consolidant la coopération internationale.

Le ministre a indiqué que les performances du système MIDAS au poste-frontière de Kalamon ont déjà permis d’améliorer l’identification des voyageurs, de renforcer le contrôle des flux migratoires, de faciliter la détection des documents frauduleux, d’accroître les capacités d’analyse des risques et de renforcer la coordination entre les différents services présents aux frontières.

Cette technologie constitue un outil stratégique pour moderniser le contrôle aux frontières et renforcer la sécurité nationale.

Gestion des frontières : la Côte d'Ivoire renforce son dispositif sécuritaire avec un nouveau projet financé par le Japon

Le nouveau projet prévoit notamment la construction de logements destinés aux forces de sécurité, la réhabilitation et l’équipement des bâtiments des postes-frontières de Kalamon et de Koguienou, ainsi que la modernisation des espaces de travail. « Au-delà de ces réalisations matérielles, ce projet constitue avant tout un investissement dans le capital humain », a insisté le ministre, avant d’affirmer qu’« une frontière bien sécurisée n’est pas une frontière fermée. C’est une frontière qui protège sans entraver, facilite les échanges licites, favorise les investissements et contribue durablement à la paix, à la stabilité et au développement ».

Prenant la parole, le Chef de mission de l’OIM en Côte d’Ivoire, David Preux, a rappelé que la gestion moderne des frontières repose désormais sur la maîtrise de l’information.

« À une frontière, ce ne sont pas seulement des voyageurs qui entrent et qui sortent. Ce sont aussi des informations, des risques, des opportunités, des dynamiques économiques, des besoins de protection et parfois des signaux précoces de fragilité qui traversent un territoire », a-t-il déclaré.

Il a expliqué que le déploiement de MIDAS constitue une première en Côte d’Ivoire et répond à une demande formulée par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité afin de doter progressivement le pays d’outils modernes et fiables de gestion des mouvements transfrontaliers.

Selon lui, depuis son entrée en service à Kalamon, le 1er avril 2026, le système permet à la Côte d’Ivoire de franchir une nouvelle étape dans la modernisation de sa gouvernance frontalière.

Développé par l’OIM, MIDAS est un système intégré de gestion des frontières qui permet de collecter, traiter, stocker et analyser en temps réel les données relatives aux voyageurs. Il facilite l’enregistrement biographique et biométrique, la vérification des documents de voyage, l’analyse des flux migratoires ainsi que la production de données stratégiques utiles à la sécurité et à l’élaboration des politiques migratoires.

Aujourd’hui, ce dispositif est opérationnel dans plus de trente pays à travers plus de 170 points de passage frontaliers terrestres, maritimes et aéroportuaires, notamment dans plusieurs pays voisins de la Côte d’Ivoire.

MIDAS est un système intégré de gestion des frontières qui permet de collecter, traiter, stocker et analyser en temps réel les données relatives aux voyageurs.

Gestion des frontières : la Côte d'Ivoire renforce son dispositif sécuritaire avec un nouveau projet financé par le Japon

Pour David Preux, l’expérience pilote de Kalamon ouvre la voie à une généralisation progressive du système sur l’ensemble du territoire national afin de bâtir un dispositif de gestion des frontières plus intégré, harmonisé et performant.

L’ambassadeur du Japon en Côte d’Ivoire, Son Excellence GOMAKUBO Junji, a réaffirmé l’engagement de son pays à accompagner la Côte d’Ivoire dans le renforcement de sa sécurité et de sa stabilité.

Il a indiqué que le projet prévoit la rénovation des installations des postes-frontières ainsi que la modernisation des équipements. Grâce à ce nouveau financement, le nombre de postes-frontières construits ou réhabilités avec l’appui du Japon passera à sept.

Le diplomate japonais a également annoncé la réalisation d’infrastructures sociales et hydrauliques au profit des communautés d’accueil et des personnes déplacées, notamment des centres de santé et des ouvrages d’accès à l’eau potable.

« Je suis convaincu que ce projet, mené en coopération entre le Japon, la Côte d’Ivoire et l’OIM, contribuera au renforcement de la stabilité sociale et au développement économique de votre pays », a-t-il déclaré, tout en exprimant le souhait de voir les relations d’amitié entre les deux États se renforcer davantage.

Financé par le Gouvernement du Japon et mis en œuvre par l’OIM Côte d’Ivoire sur la période du 31 mars 2026 au 30 mars 2027, le projet vise à apporter une réponse coordonnée aux défis liés à la gestion des frontières, à la sécurité et aux dynamiques migratoires dans le nord de la Côte d’Ivoire.

Plusieurs agents des forces de sécurité et des services de l’immigration ont déjà bénéficié d’une formation à l’utilisation du système MIDAS, dont le déploiement progressif devrait contribuer à renforcer durablement le contrôle des frontières ivoiriennes tout en facilitant les mouvements réguliers des personnes.

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