La formation du gouvernement Beugré Mambé 2, rendue publique il y a quelques jours, continue d’alimenter le débat politique en Côte d’Ivoire. Si l’équipe gouvernementale marque une certaine continuité, elle suscite également des interrogations quant à sa capacité à répondre aux attentes d’une nation encore traversée par les séquelles des tensions électorales.
Pour Chérif Hamed Haïdara, président du Rassemblement Démocratique Ivoirien (RDI), l’heure est venue d’ouvrir une nouvelle page fondée sur l’inclusion et le dialogue. Selon lui, la Côte d’Ivoire sort d’un cycle politique sensible, marqué par des scrutins controversés et une crispation perceptible au sein de la société. Dans ce contexte, la composition du gouvernement aurait pu constituer un signal fort de rassemblement national. « Nous pensions assister à une ouverture plus large, à un partage des responsabilités à la hauteur des enjeux actuels », confie-t-il, regrettant que la majorité des nominations soient issues d’un même courant politique.
Chérif Hamed Haïdara rappelle que l’exercice du pouvoir, en régime républicain, impose une posture qui dépasse les clivages partisans. « Le président de la République n’est pas seulement le leader d’un parti victorieux, il est le garant de l’unité nationale », souligne-t-il. À ce titre, il estime que l’efficacité de l’action publique passe par la mobilisation de toutes les compétences disponibles, qu’elles proviennent de la majorité, de l’opposition ou de la société civile.
« Le président de la République n’est pas seulement le leader d’un parti victorieux, il est le garant de l’unité nationale »

Tout en reconnaissant la structuration et la force politique du RHDP, le président du RDI considère qu’aucune formation ne saurait, à elle seule, incarner toute la diversité des talents du pays. Pour lui, associer d’autres sensibilités à la gestion des affaires publiques permettrait non seulement d’apaiser le climat politique, mais aussi de renforcer la crédibilité des institutions. « La paix durable se construit par l’inclusion, pas par l’exclusion », insiste-t-il.
Dans son analyse, Chérif Hamed Haïdara établit un parallèle avec des moments d’unité nationale ayant marqué l’histoire récente du pays, notamment la victoire de la Côte d’Ivoire à la CAN 2023. « Lorsque les Ivoiriens ont fait front commun, le pays a gagné en prestige et en cohésion », rappelle-t-il. À ses yeux, cette capacité à se rassembler devrait inspirer la gouvernance politique, afin de transformer les divergences en force collective.
« La paix durable se construit par l’inclusion, pas par l’exclusion »

Interrogé sur le soutien apporté par le RDI au président Alassane Ouattara lors de la dernière présidentielle, il assume un choix fondé sur la conviction. « Nous avons cru en sa vision et en sa capacité à maintenir la stabilité du pays », affirme-t-il. Toutefois, précise-t-il, cette adhésion ne signifie pas un renoncement à l’esprit critique, ni à la défense de principes qu’il juge essentiels pour l’avenir de la nation.
Pour Chérif Hamed Haïdara, l’enjeu dépasse les équilibres politiques immédiats. Il s’agit, selon lui, de consolider la paix et de renforcer le sentiment d’appartenance nationale. « Un gouvernement plus ouvert enverrait un message fort à tous les Ivoiriens », conclut-il, convaincu que l’histoire retiendra davantage les dirigeants capables de rassembler que ceux qui gouvernent dans l’entre-soi.
