Le climat politique en Côte d’Ivoire se tend à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre. Inquiet de cette situation, le président du Rassemblement Démocratique Ivoirien (RDI), Chérif Hamed Haïdara, a livré ce lundi 7 mai 2025 la position de sa formation politique, appelant sans ambages au report du scrutin. C’était lors d’une déclaration officielle au siège du parti.
Pour le leader du RDI, maintenir les élections à la date initialement prévue, malgré les tensions ambiantes et les irrégularités relevées sur la liste électorale, serait faire preuve d’un « fétichisme des dates » dangereux pour la paix sociale. « Il ne faut pas s’accrocher aux dates pour foncer tout droit dans le mur », a-t-il mis en garde, avant d’appeler les Ivoiriens à « préserver ce pays du chaos, parce qu’il est notre seul héritage ».
Climat délétère et risque d’escalade
Chérif Haïdara n’a pas manqué de pointer du doigt les invectives politiques qui minent les relations entre les leaders et qui, par ricochet, se répercutent sur les bases militantes. Il a ainsi condamné les discours de haine, les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux et l’apologie de la violence dans certains médias affiliés à des partis politiques. Pour le président du RDI, « le combat politique doit être perçu comme une compétition fraternelle et non une guerre ».
Il a exhorté les citoyens à faire preuve de responsabilité, particulièrement dans leur usage des réseaux sociaux, afin de ne pas « cautionner par ignorance des projets de déstabilisation ».
Un appel à un dialogue inclusif
Estimant que les conditions d’un scrutin crédible, transparent et apaisé ne sont pas réunies, le RDI propose un dialogue politique approfondi impliquant le pouvoir, l’opposition, les partis centristes et la société civile. Ce dialogue, selon lui, doit permettre une refonte en profondeur du processus électoral.
Chérif Haïdara n’a pas manqué de pointer du doigt les invectives politiques qui minent les relations entre les leaders et qui, par ricochet, se répercutent sur les bases militantes.

« La loi électorale, l’organisation, le fonctionnement et la composition de la CEI doivent être revus afin que les prochaines élections soient véritablement inclusives », a-t-il insisté, soulignant que l’absence de consensus ouvre la voie à des contestations prévisibles des résultats.
Mise en garde contre les provocations
Tout en appelant à la responsabilité collective, le président du RDI a mis en garde ceux qui tenteraient de semer le désordre pour en tirer un quelconque bénéfice. « Le contrôle d’une situation de crise peut échapper à ses instigateurs à la dernière minute, avec des conséquences lourdes », a-t-il averti.
Un message de paix et de fraternité
Dans un souci d’apaisement, Chérif Hamed Haïdara a également adressé un message rassurant aux investisseurs étrangers. Saluant le leadership du président Alassane Ouattara, il les a encouragés à continuer d’investir en Côte d’Ivoire, tout en réaffirmant sa foi en la capacité des Ivoiriens à transcender leurs divergences pour l’intérêt supérieur de la nation.
Il a aussi tendu la main aux ressortissants des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), vivant en Côte d’Ivoire. « Vous restez nos frères », a-t-il déclaré, soulignant les efforts des autorités ivoiriennes pour garantir leur sécurité et leur intégration.
Tout en appelant à la responsabilité collective, le président du RDI a mis en garde ceux qui tenteraient de semer le désordre pour en tirer un quelconque bénéfice.

Une interpellation aux « grands devanciers »
En guise de conclusion, Chérif Hamed Haïdara a lancé un appel appuyé aux figures historiques de la politique ivoirienne, notamment Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo. « Vous avez hérité d’un pays aux potentialités énormes. Il suffisait que vous vous entendiez pour en faire une référence dans la sous-région. Nous espérons que vous aurez la force et la sagesse de tout mettre en œuvre pour que la génération suivante hérite d’un pays pacifié », a-t-il souhaité.
Alors que le compte à rebours vers l’échéance électorale se poursuit, cette sortie du RDI pourrait bien relancer le débat sur les conditions de tenue d’un scrutin réellement apaisé et consensuel.