Révélations de Robert Bourgi sur les élections présidentielles de 2010 : Chérif Hamed Haïdara réagit fermement

6 min de lecture
Chérif Aidara, le président di NDI

Dans une interview accordée à la presse ce mardi 1er octobre 2024 au siège de son parti, le président du Rassemblement Démocratique Ivoirien (RDI), Chérif Hamed Haïdara, s’est exprimé sur les propos récemment tenus par Robert Bourgi, avocat français et ex-conseiller officieux de l’Élysée. Selon Bourgi, l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire aurait en réalité été remportée par Laurent Gbagbo et non par Alassane Ouattara, une déclaration qui fait polémique.

Une sortie sans crédibilité

Pour Chérif Hamed Haïdara, cette sortie de Robert Bourgi manque de crédibilité. Le leader du RDI rappelle que cet ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy avait affirmé par le passé que Ouattara avait remporté les élections de 2010, conduisant au départ forcé de Gbagbo qui refusait de céder le pouvoir. Haïdara s’interroge sur les motivations de Bourgi et se demande pourquoi ce dernier revient aujourd’hui sur ses déclarations initiales.

« Nous avons souvenance que monsieur Bourgi expliquait sur les antennes de RFI qu’Alassane Ouattara a gagné les élections et que Laurent Gbagbo a été dégagé parce qu’il refusait de céder le pouvoir. Quand, quelques années plus tard, le même homme revient nous déclarer le contraire, lequel de ses propos devons-nous croire ? Et pourquoi justement maintenant ? », s’est-il interrogé, avant de qualifier ces propos de « sans aucune crédibilité ».

Un appel à la vigilance

Selon Haïdara, les Ivoiriens doivent être particulièrement prudents face à cette prise de parole qui, selon lui, a pour but de semer la confusion. L’inconstance de Bourgi dans ses affirmations démontre, d’après Haïdara, une tentative d’ingérence dans les affaires internes de la Côte d’Ivoire par des intérêts extérieurs, notamment français.

« Quand on sait que la crise post-électorale de 2010 a engendré 3000 morts et sérieusement fragilisé le tissu social de notre pays, on doit mesurer la gravité de tels propos », a-t-il averti. Pour lui, ces révélations visent à mettre à mal la politique étrangère française en Afrique et à déstabiliser la Côte d’Ivoire.

« Quand on sait que la crise post-électorale de 2010 a engendré 3000 morts et sérieusement fragilisé le tissu social de notre pays, on doit mesurer la gravité de tels propos », a-t-il averti.

Robert Bourgi
Robert Bourgi

Le RDI va porter plainte

Fermement opposé à cette prise de position, Chérif Hamed Haïdara a annoncé que le RDI envisage de porter plainte contre Robert Bourgi devant les tribunaux français. Selon lui, Bourgi se moque à la fois des Ivoiriens et de Laurent Gbagbo, qui aurait pu utiliser ce témoignage pour sa défense devant la Cour pénale internationale.

« Il s’est tu toutes ces années. Et maintenant que nous connaissons la paix, il va venir verser des larmes de crocodile pour nous enfumer ? Non ! Le RDI n’acceptera pas cela », a-t-il déclaré, appelant les Ivoiriens à se mobiliser contre cette tentative de déstabilisation.

Un plaidoyer pour la paix et l’unité nationale

Dans son discours, Haïdara a également plaidé pour la paix et l’unité nationale, soulignant que la Côte d’Ivoire ne doit plus être prise en otage par des déclarations étrangères visant à raviver les tensions. Il a invité les Ivoiriens à ne plus se laisser manipuler par des personnes qui cherchent à diviser le pays à des milliers de kilomètres.

« Nous n’allons pas vivre la paix un bout de temps et renouer avec les violences à chaque étape électorale, parce que des opportunistes y voient l’occasion de tirer profit de nos divisions », a-t-il averti.

Des « projets obscurs » derrière ces propos ?

Haïdara n’a pas hésité à évoquer l’existence de « projets obscurs » derrière les récentes déclarations de Bourgi. Selon lui, à l’approche de l’élection présidentielle de 2025, ces tentatives de semer la confusion et de diviser les Ivoiriens cachent des agendas cachés visant à déstabiliser le pays.

Dans son discours, Haïdara a également plaidé pour la paix et l’unité nationale, soulignant que la Côte d’Ivoire ne doit plus être prise en otage par des déclarations étrangères visant à raviver les tensions.

Il a également souligné la gestion rigoureuse du président Alassane Ouattara depuis la crise de 2010 et la maturité des partis d’opposition qui favorisent le dialogue, des éléments qui, selon lui, contribuent au développement du pays et suscitent des convoitises.

« Le temps où les Africains subissaient des pressions pour se faire imposer des présidents est révolu. Les Ivoiriens veulent la paix », a-t-il insisté. Il a appelé à une collaboration entre les principaux leaders politiques, notamment Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, pour garantir des élections sans violence et préserver la stabilité du pays.

Le président du RDI a conclu en appelant les Ivoiriens à la vigilance et à l’unité face à ces tentatives de déstabilisation. « Ignorons les démons qui veulent remettre le feu à la Côte d’Ivoire », a-t-il exhorté, tout en réaffirmant son engagement pour la paix et la stabilité du pays.

Cette sortie de Chérif Hamed Haïdara résonne comme un appel solennel à ne pas se laisser emporter par des déclarations venues de l’extérieur, mais à œuvrer pour une Côte d’Ivoire unie, stable et prospère.

Partager cet article
César Kouamé est un journaliste ivoirien engagé, spécialisé dans les questions d’intérêt public, notamment l’environnement, le climat et les dynamiques sociales en Afrique de l’Ouest. Fort d’une expérience en journalisme de terrain et en enquêtes transfrontalières, il a collaboré avec plusieurs médias de référence et occupe des fonctions éditoriales stratégiques. Actuellement rédacteur en chef et fondateur du média en ligne papot.net, il œuvre pour une information indépendante, accessible et orientée vers l’impact. Son travail s’inscrit dans une démarche de promotion de la transparence, du développement durable et des Objectifs de développement durable (ODD). Lauréat de programmes internationaux, il s’investit également dans des initiatives panafricaines visant à renforcer le journalisme d’investigation et l’innovation dans les médias.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *