Rarement le village de Bécouéfin aura connu une telle mobilisation. Pendant plusieurs jours, des milliers de personnes ont convergé vers cette localité de l’axe Akoupé-Abengourou pour accompagner à sa dernière demeure feu Nanan ANON N’CHO Emmanuel, chef historique du village, dont le règne de quarante-trois années a profondément marqué la vie de sa communauté.
Du 26 au 31 mai 2026, Bécouéfin s’est transformé en un haut lieu de recueillement, de communion et de ferveur populaire. Parents, cadres, notables, chefs traditionnels, autorités administratives, guides religieux et délégations venues de plusieurs régions du pays ont effectué le déplacement pour rendre un ultime hommage à celui que beaucoup considéraient comme un père, un sage et un bâtisseur de paix.
Dès l’ouverture des cérémonies funéraires, la place publique du village n’a cessé d’accueillir une foule compacte venue témoigner son affection et sa reconnaissance au défunt. Dans une atmosphère empreinte de dignité, les visiteurs se sont relayés pour présenter leurs condoléances à la famille et partager le souvenir d’un homme dont l’influence dépassait largement les limites de son village natal.
La présence massive des populations, des villages frères et des communautés voisines a illustré la place particulière qu’occupait Nanan ANON N’CHO Emmanuel dans le cœur des siens. À travers leurs dons, leur soutien et leur participation active aux différentes cérémonies, les populations ont exprimé leur attachement à la mémoire d’un chef dont le leadership a favorisé la cohésion sociale et le vivre-ensemble durant plus de quatre décennies.
Chaque soir, le domicile familial devenait le centre d’une profonde communion spirituelle. Entre prières, chants religieux, invocations et rites ancestraux, les habitants se retrouvaient dans un même élan pour honorer celui qui avait guidé son peuple avec sagesse et dévouement. Ces moments de recueillement traduisaient toute la dimension sacrée accordée à la mémoire du patriarche disparu.
La présence massive des populations, des villages frères et des communautés voisines a illustré la place particulière qu’occupait Nanan ANON N’CHO Emmanuel dans le cœur des siens.

L’un des temps forts de ces obsèques a été la grande cérémonie traditionnelle organisée le samedi 30 mai sur le terrain ANON ASSI Michel. Dans le respect des us et coutumes, notables, gardiens de la tradition et chefs coutumiers ont accompli les rites destinés à accompagner le défunt vers le royaume des ancêtres. La solennité des gestes, les symboles coutumiers et la profondeur des cérémonies ont rappelé l’importance de la place qu’occupait Nanan ANON N’CHO Emmanuel dans l’histoire de la communauté.
Bien plus qu’un simple adieu, cette séquence a constitué un moment de transmission et de mémoire collective. À travers les rites, les chants et les hommages, le peuple de Bécouéfin a réaffirmé son attachement à ses valeurs ancestrales ainsi qu’au respect dû à ceux qui ont consacré leur vie au bien-être de la communauté.
La dimension exceptionnelle de ces funérailles a également été marquée par la présence de nombreuses personnalités. Une importante délégation de la Mé conduite par Patrick Jérôme Achi a tenu à prendre part à cet hommage collectif, aux côtés d’autorités coutumières, religieuses et administratives venues saluer la mémoire d’un homme reconnu pour son rôle de médiateur et de rassembleur.
Successeur du défunt à la tête du village, Nanan Adje Boa a rappelé que feu Nanan ANON N’CHO Emmanuel avait accédé au trône le 8 juin 1984. Pendant quarante-trois ans, a-t-il souligné, le village a bénéficié d’un climat de paix, de stabilité et de cohésion sous sa conduite. Son sens du dialogue, sa capacité à fédérer les populations et son attachement au développement local lui ont valu une estime durable auprès des habitants.
Une importante délégation de la Mé conduite par Patrick Jérôme Achi a tenu à prendre part à cet hommage collectif

Les témoignages recueillis au cours des cérémonies ont tous convergé vers la même réalité : le défunt laisse derrière lui l’image d’un chef profondément respecté. Jeunes, femmes, notables et cadres ont salué la mémoire d’un homme dont les conseils et la bienveillance ont marqué plusieurs générations.
Pour M. ASSI Charlemagne, président du comité d’organisation des obsèques, la mobilisation observée durant toute la semaine constitue le plus bel hommage rendu au disparu. Selon lui, l’unité affichée par les populations témoigne de l’héritage laissé par celui qui a dirigé le village pendant plus de quatre décennies.
Le samedi, au moment de l’ultime séparation, l’émotion était palpable. Entre larmes discrètes, prières ferventes et silences chargés de souvenirs, toute une communauté s’est recueillie pour accompagner son patriarche vers sa dernière demeure. L’inhumation dans l’intimité familiale est venue conclure ce dernier voyage terrestre, sous le regard d’un peuple reconnaissant envers celui qui fut son guide durant une grande partie de son histoire contemporaine.
La messe d’action de grâce célébrée le dimanche 31 mai est venue refermer cette semaine de recueillement, marquée par une forte communion populaire. Au-delà du deuil, ces obsèques auront surtout révélé le lien profond qui unissait Nanan ANON N’CHO Emmanuel à son peuple.
En l’accompagnant avec autant de ferveur, de respect et de dignité vers le royaume des ancêtres, Bécouéfin n’a pas seulement enterré un ancien chef. Le village a honoré un patriarche, une mémoire vivante et une figure tutélaire dont l’héritage continuera d’éclairer les générations futures.