Alors que les débats sur l’après-Alassane Ouattara agitent de plus en plus les milieux politiques et les réseaux sociaux, le président du Rassemblement Démocratique Ivoirien (RDI), Chérif Hamed Haïdara, hausse le ton. Face aux rivalités et aux luttes de positionnement perceptibles au sein du RHDP, l’homme politique appelle à mettre fin aux « calculs personnels » susceptibles, selon lui, de fragiliser la paix sociale en Côte d’Ivoire.
Une bataille de succession qui inquiète
Pour Chérif Hamed Haïdara, les tensions observées autour de la succession du chef de l’État ne sont pas anodines. Le président du RDI affirme constater, depuis plusieurs mois, une multiplication d’initiatives politiques prenant des allures de campagnes anticipées.
« À quatre ans de la fin du mandat du président Ouattara, on assiste déjà à des cérémonies de soutien qui servent parfois davantage à promouvoir certaines personnalités qu’à célébrer le chef de l’État lui-même », analyse-t-il.
Selon lui, des fractures apparaissent progressivement entre militants historiques du RHDP et nouveaux alliés politiques, chacun revendiquant une forme de légitimité dans la perspective de l’après-Ouattara. Une situation que Chérif Hamed Haïdara considère préoccupante pour la stabilité nationale.
Le rappel des erreurs du passé
Le président du RDI établit un parallèle entre le contexte actuel et les crises politiques ayant marqué la Côte d’Ivoire après l’ère Félix Houphouët-Boigny.
Il rappelle qu’au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, les rivalités de succession avaient entraîné des divisions profondes, conduisant à la création du Rassemblement des Républicains et à une instabilité politique durable.
« À quatre ans de la fin du mandat du président Ouattara, on assiste déjà à des cérémonies de soutien qui servent parfois davantage à promouvoir certaines personnalités qu’à célébrer le chef de l’État lui-même »

Pour lui, les mêmes comportements observés aujourd’hui pourraient produire les mêmes conséquences si les responsables politiques ne font pas preuve de retenue.
« Nous avons connu des moments douloureux dans ce pays. Personne ne souhaite revivre cela », avertit-il.
« La Côte d’Ivoire a besoin de paix »
Au-delà des rivalités partisanes, Chérif Hamed Haïdara insiste sur la nécessité de préserver la cohésion nationale dans un contexte sous-régional déjà fragile.
« On ne veut plus de crise dans ce pays. Les Ivoiriens ont trop souffert des conflits liés à la conquête ou à la conservation du pouvoir », martèle-t-il.
Le président du RDI invite les leaders politiques à privilégier le travail, la discipline et le civisme plutôt que les ambitions personnelles. Selon lui, la priorité devrait être de consolider les acquis économiques et sécuritaires du pays au lieu d’alimenter des tensions internes. Il appelle également les militants à éviter les discours de haine ou de division sur les réseaux sociaux et dans l’espace public.
Le président du RDI invite les leaders politiques à privilégier le travail, la discipline et le civisme plutôt que les ambitions personnelles.

Des ministres félicités pour leurs actions
Dans son intervention, Chérif Hamed Haïdara a toutefois tenu à saluer certaines actions du gouvernement ivoirien.
Il a notamment félicité Téné Birahima Ouattara et Vagondo Diomandé pour leurs efforts dans le renforcement de la sécurité nationale dans un environnement ouest-africain marqué par la menace terroriste.
Le président du RDI a également salué les réformes engagées par Amadou Koné pour réduire les accidents de la circulation.
Il a aussi cité les mesures de « tolérance zéro face aux détentions abusives » initiées par le garde des Sceaux Sansan Kambilé, ainsi que les opérations de lutte contre le désordre urbain menées par Cissé Ibrahim Bacongo.
« L’intérêt du pays doit passer avant tout »
Pour Chérif Hamed Haïdara, le moment n’est pas venu d’ouvrir une bataille pour le pouvoir.
Il estime que le président Alassane Ouattara doit être laissé libre de poursuivre sa mission à la tête de l’État dans la sérénité.
« Quand on commence à se positionner trop tôt, ce n’est plus l’intérêt du pays qu’on défend », affirme-t-il.
Le président du RDI conclut en appelant toute la classe politique ivoirienne à faire preuve de responsabilité afin de préserver la stabilité et la paix sociale, qu’il considère comme les conditions essentielles du développement de la Côte d’Ivoire.