Transformation de l’anacarde : Essar Biofuels signe un accord d’investissement de 45 milliards FCFA avec le CCAK et le CEPICI

Ousseni Sawadogo
4 min de lecture

La Côte d’Ivoire accélère la transformation locale de la noix de cajou en misant désormais sur ses sous-produits. L’entreprise indienne Essar Biofuels (India) Limited porte un projet d’investissement d’environ 75 millions de dollars, près de 45 milliards de FCFA, dédié à la valorisation industrielle des coques d’anacarde.

Cette ambition s’est concrétisée vendredi 11 septembre 2026 par la signature d’un mémorandum d’entente entre le Conseil coton, anacarde et karité (CCAK), le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) et Essar Biofuels, lors d’une cérémonie tenue au siège du CCAK. L’accord pose un cadre de collaboration destiné à accompagner la mise en œuvre du projet et son intégration dans l’écosystème industriel ivoirien.

Concrètement, le projet vise à transformer les coques de noix de cajou et le CNSL (liquide de coque de noix de cajou) en cardanol, un produit prisé sur les marchés internationaux pour ses multiples applications industrielles. Au-delà du montant investi, l’initiative devrait générer de la valeur ajoutée locale, créer des emplois, ouvrir de nouveaux débouchés industriels et offrir des perspectives en crédits carbone.

le projet vise à transformer les coques de noix de cajou et le liquide de coque de noix de cajou en cardanol, un produit prisé sur les marchés internationaux

Transformation de l’anacarde : Essar Biofuels signe un accord d’investissement de 45 milliards FCFA avec le CCAK et le CEPICI

Pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix de cajou, cette orientation traduit une stratégie plus large : bâtir des chaînes de valeur intégrées qui ne se limitent plus à la seule production d’amandes, mais exploitent aussi les autres composantes de la noix.

« Le CEPICI cible de plus en plus les investissements capables de créer davantage de valeur en Côte d’Ivoire », a souligné sa directrice générale, Solange Amichia, citant en exemple la transformation locale des matières premières et sous-produits issus de filières comme le manioc, l’anacarde et l’hévéa, notamment pour produire du bioéthanol et d’autres dérivés.

Le CEPICI cible de plus en plus les investissements capables de créer davantage de valeur en Côte d’Ivoire

Transformation de l’anacarde : Essar Biofuels signe un accord d’investissement de 45 milliards FCFA avec le CCAK et le CEPICI

Un groupe de travail sera mis en place pour élaborer et exécuter le plan d’action du partenariat, et en assurer le suivi. Le CEPICI facilitera les démarches administratives et juridiques liées à la création de l’entité ivoirienne, orientera l’investisseur vers les dispositifs du Code des investissements et favorisera les mises en relation avec les acteurs locaux. Le CCAK, de son côté, apportera son expertise sur l’accès à la matière première, la valorisation des coques et les relations avec les acteurs de la filière.

À travers cette initiative, les partenaires entendent améliorer la captation locale de la valeur issue de la filière anacarde, en encourageant la transformation sur place et l’émergence de nouvelles activités industrielles. Le projet d’Essar Biofuels illustre ainsi cette nouvelle dynamique : faire d’un sous-produit agricole une ressource industrielle à part entière, et contribuer à l’essor de nouvelles chaînes de valeur en Côte d’Ivoire.

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