Violences faites aux filles et aux femmes : le gouvernement ivoirien annonce des consultations autour de la Convention africaine

Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant entend engager des échanges avec les organisations féministes et les acteurs de la société civile autour de la Convention africaine pour l’élimination des violences faites aux filles et aux femmes. Dans un entretien réalisé par notre confrère Donald Gonli de Linfodrome, le ministère précise qu’un examen juridique préalable est nécessaire avant toute ratification.

La Convention africaine pour l’élimination des violences faites aux filles et aux femmes s’invite dans le débat sur la protection des droits des femmes en Côte d’Ivoire. Face aux interrogations soulevées par des organisations féministes et des acteurs de la société civile, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant annonce une démarche de concertation pour clarifier les dispositions de ce nouvel instrument continental.

Selon les explications fournies dans l’entretien accordé à notre confrère Donald Gonli de Linfodrome, le ministère prévoit d’organiser des consultations avec les différentes parties prenantes. Des ateliers, des tables rondes et des séances d’information devraient permettre d’examiner les dispositions de la Convention, d’identifier les points qui suscitent des interrogations et de recueillir les observations des organisations concernées.

L’objectif est de favoriser une compréhension commune du texte et de prendre en compte l’expertise des organisations féministes et des acteurs de terrain. Leurs recommandations pourraient contribuer à l’élaboration de documents d’orientation et de guides d’application destinés à accompagner le processus.

Un examen juridique avant toute ratificationAu-delà des consultations, le ministère insiste sur la nécessité d’évaluer la compatibilité de la Convention avec le cadre juridique ivoirien. Selon les précisions apportées dans l’entretien, une ratification sans examen préalable approfondi n’est pas envisagée.

Cette analyse devrait mobiliser les services juridiques compétents ainsi que les ministères concernés, notamment ceux chargés de la Justice, des Affaires étrangères et des Droits de l’homme. Elle devra permettre d’apprécier les implications juridiques, sociales et institutionnelles du texte au regard de la Constitution et des lois nationales relatives à la protection des filles et des femmes.

En cas d’écarts ou d’ambiguïtés relevés, des ajustements du droit interne ou d’autres mécanismes juridiquement appropriés pourraient être examinés, dans le respect des procédures applicables aux engagements internationaux de la Côte d’Ivoire.

La société civile au cœur du processusÀ travers cette démarche, le ministère met en avant une approche inclusive, fondée sur le dialogue entre les autorités publiques, les organisations féministes, les experts et les autres acteurs de la société civile.Les consultations annoncées devraient ainsi contribuer à éclairer les enjeux liés à cette Convention et à répondre aux préoccupations exprimées sur certaines de ses dispositions.

Le calendrier de ces rencontres et leurs modalités de mise en œuvre restent toutefois à préciser. Leur organisation constituera une étape importante pour approfondir le débat autour de ce nouvel instrument africain de lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes.

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César Kouamé est un journaliste ivoirien spécialisé dans les questions d’intérêt public notamment celles liées à l’environnement, au climat, à la culture et aux dynamiques sociales.
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