L’Alliance féministe pour une Côte d’Ivoire inclusive et équitable appelle les autorités ivoiriennes à marquer une pause avant toute ratification de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination des violences faites aux filles et aux femmes.
La demande a été formulée dimanche 20 septembre 2026 à Gonzagueville, dans la commune de Port-Bouët, lors d’une séance de sensibilisation organisée à l’EPP Municipalité 2. Devant une trentaine de participants, Tenin Traoré, spécialiste en communication pour le changement de narratif et militante des droits des filles et des femmes, a expliqué la position de l’Alliance féministe.
Selon elle, la convention, élaborée en juin 2025 et actuellement soumise au processus de signature et de ratification par les États membres de l’Union africaine, nécessite une analyse approfondie avant son adoption définitive.
« L’urgence pour nous, au niveau de l’Alliance féministe, c’est d’inviter à une pause avant ratification », a-t-elle déclaré. Cette demande repose, selon la militante, sur l’analyse du texte qui aurait fait ressortir certaines « insuffisances » et « lacunes ».
« L’urgence pour nous, au niveau de l’Alliance féministe, c’est d’inviter à une pause avant ratification »

L’Alliance féministe assure ne pas remettre en cause la nécessité de lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles. Elle souhaite plutôt contribuer à l’amélioration de l’instrument juridique afin qu’il puisse mieux prendre en compte les différentes réalités sociales, démographiques et professionnelles.
« Nous souhaitons pouvoir avoir un instrument qui représente toutes les couches sociales, démographiques et professionnelles », a expliqué Tenin Traoré, appelant ainsi l’État ivoirien à approfondir l’examen du texte avant toute ratification.
La militante s’est par ailleurs dite confiante dans la possibilité d’un dialogue avec les autorités ivoiriennes, estimant que les échanges avec les jeunes de Port-Bouët ont montré leur intérêt pour les questions liées aux droits des femmes et au développement de leur commune.
La rencontre a également permis aux participants d’échanger sur les différentes formes de violences faites aux femmes et sur les moyens de renforcer leur prévention au sein des communautés.
« Nous souhaitons pouvoir avoir un instrument qui représente toutes les couches sociales, démographiques et professionnelles »

Max Messemon Djahoué, président des jeunes du quartier Cocotier de Gonzagueville 2 et membre de l’Union des jeunes de Port-Bouët, a salué l’initiative et appelé les participants à mettre en pratique les enseignements reçus et à poursuivre la sensibilisation.
Étudiante en droit, Raskatou Oro a, pour sa part, estimé que certaines formes de violences restent insuffisamment connues ou prises en compte. Elle a également plaidé pour une étude approfondie de la convention avant sa ratification par la Côte d’Ivoire.
À travers cette campagne, l’Alliance féministe entend poursuivre le dialogue avec les communautés sur la prévention et l’élimination des violences faites aux filles et aux femmes, tout en plaidant pour un examen inclusif et approfondi de la convention de l’Union africaine.