Autonomisation de la femme : Général Kolber veut labéliser l’attiéké de Yakassé-Attobrou

7 min de lecture

Au cours du festival Asha qui s’est tenu du 16 au 18 mai 2024 à Yakassé-Attobrou, Oscar-Clovis Amaman alias Général Kolber, président de la Fondation Asha, s’est prononcé sur les activités de sa structure. Il a expliqué comment il compte aider la femme à son autonomisation.

Pouvez-vous nous faire remonter à l’origine de la création de la Fondation Asha ?

Tout est parti de la célébration de ma grand-mère, mémé Asha, quand elle avait 109 ans. Je la célébrais régulièrement chaque année au village à Yakassé-Attobrou. Je constatais qu’au cours de ces célébrations, je laissais pour compte d’autres femmes du village qui auraient pu en profiter. Donc, avec les sœurs et frères du village, nous avons décidé d’étendre les festivités à toutes les femmes de Yakassé-Attobrou, pour qu’elles puissent bénéficier aussi des dons et de la ferveur qui entourent la célébration de la Fête anniversaire de mémé Asha. C’est ainsi que nous avons lancé le festival Asha. Un mois plus tard, mémé Asha décède et pour lui rendre hommage et pour pérenniser son nom, nous avons décidé de perpétuer son œuvre en créant une fondation, qui allait s’occuper de l’autonomisation de la femme rurale.

Pour apporter l’aide aux femmes, vous leur permettez de prime abord une phase éducative scolaire. Quelles sont les différentes étapes du cycle d’alphabétisation que vous leur accordez ?

En matière d’alphabétisation, nous commençons par l’alphabétisation de base, puisque ce sont des femmes qui ont un niveau scolaire zéro dès le départ. Donc, nous faisons l’alphabétisation de base au cours de laquelle elles apprennent à lire, à écrire et à calculer. Au-delà de cette première étape, nous entamons le second cycle avec la première promotion baptisée : « Arlette Badou ». Ce cycle sera focalisé sur l’enseignement des notions de gestion et de comptabilité, pour que les auditrices puissent apprendre à gérer leurs affaires.

Asha festival, est-ce une forme de festivités d’après réussite annuelle du devoir accompli à l’endroit des femmes à qui vous avez donné des armes pour s’affranchir de l’analphabétisme ?

C’est aussi cela, mais pas forcément cela. Effectivement, c’est un festival qui vient marquer de façon réjouissante toutes les actions menées sur une période donnée, mais aussi un festival qui vient combler une lacune, un vide culturel. Parce qu’au niveau de la région, il n’y avait pas d’événement majeur réunissant les filles et les fils de Yakassé-Attobrou, jusqu’à ce que le festival Asha soit lancé. Le festival a pu donc combler ce vide et répond aussi à la préoccupation énoncée dans votre question. Mais, il répond en même temps à la préoccupation culturelle et touristique pour valoriser la localité de Yakassé-Attobrou.

Après l’alphabétisation et l’installation en cours d’une usine de transformation de manioc pour les femmes, vers où la fondation mènera ses pas ?

Nous sommes aujourd’hui concentrés sur toute la chaîne de valeur agricole, notamment la production jusqu’à la transformation du manioc. Maintenant nous allons essayer de labéliser l’attiéké produit par nos femmes à travers l’usine en construction. Parce qu’il ne faut pas leur permettre seulement de transformer, il faut leur permettre aussi de l’écouler sur un marché viable. Donc, nous avons de très bons retours s’agissant de la qualité de l’attiéké produit par les femmes rurales d’ici. Nous comptons faire en sorte que cette activité puisse se distinguer sur le marché de telle sorte que ces femmes puissent ravitailler au maximum les différents marchés locaux et même internationaux.

Nous sommes aujourd’hui concentrés sur toute la chaîne de valeur agricole, notamment la production jusqu’à la transformation du manioc. Maintenant nous allons essayer de labéliser l’attiéké produit par nos femmes à travers l’usine en construction.

Lors du lancement du festival, le 13 avril dernier, vous avez fait un semblant de plaidoyer à l’endroit des chefs de terre, à l’effet de libérer des parcelles de terrain pour les faire profiter aux femmes dans le cadre de leurs activités agricoles. Des démarches ont-elles été entamées dans ce sens ?

Concrètement, des démarches officielles n’ont pas encore été entamées. Néanmoins comme vous l’avez constaté, nous profitons des occasions de rassemblement où les chefs sont présents pour leur lancer un appel. Il leur (les chefs de village) appartient à l’issue de cet appel de pouvoir réagir de façon positive. Lorsque nous avons l’occasion d’échanger en B to B (face à face) avec un chef de village, nous n’hésitons pas à lui rappeler les quelques actions positives qui pourront bien impacter l’autonomisation de ces femmes rurales. Donc, des démarches officielles, je dirai non, mais de façon officieuse et occasionnelle, je dirai oui. Car, nous n’hésitons pas à leur rappeler le bien-fondé de l’octroi à de parcelles à ces femmes, pour qu’elles puissent cultiver ce qu’elles ont à offrir aux populations.

Un mot à l’endroit des femmes rurales qui n’ont pas encore adhérer à votre projet d’autonomisation ?

Nous leur disons que nous sommes-là et ne faisons pas de distinction entre les femmes. Nos bras et portes sont ouverts, la Fondation Asha se veut une maison d’accueil de toutes les sensibilités. Et donc, celles qui sont encore à la traîne peuvent nous rejoindre, parce qu’il n’est jamais trop tard pour grandir.

Nous profitons des occasions de rassemblement où les chefs sont présents pour leur lancer un appel. Il leur (les chefs de village) appartient à l’issue de cet appel de pouvoir réagir de façon positive. Lorsque nous avons l’occasion d’échanger en B to B (face à face) avec un chef de village, nous n’hésitons pas à lui rappeler les quelques actions positives qui pourront bien impacter l’autonomisation de ces femmes rurales.

Partager cet article
César Kouamé est un journaliste ivoirien engagé, spécialisé dans les questions d’intérêt public, notamment l’environnement, le climat et les dynamiques sociales en Afrique de l’Ouest. Fort d’une expérience en journalisme de terrain et en enquêtes transfrontalières, il a collaboré avec plusieurs médias de référence et occupe des fonctions éditoriales stratégiques. Actuellement rédacteur en chef et fondateur du média en ligne papot.net, il œuvre pour une information indépendante, accessible et orientée vers l’impact. Son travail s’inscrit dans une démarche de promotion de la transparence, du développement durable et des Objectifs de développement durable (ODD). Lauréat de programmes internationaux, il s’investit également dans des initiatives panafricaines visant à renforcer le journalisme d’investigation et l’innovation dans les médias.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *