La Fédération Ivoirienne de Taekwondo (FITKD) traverse une crise profonde qui mobilise les plus hautes autorités du pays. Lundi 18 novembre, des dizaines de taekwondoïstes se sont rassemblés devant le siège de la fédération, situé au CESTICAO, pour manifester leur opposition à une tentative d’installation de l’ancien président, Jean-Marc Yacé, soutenu par une décision de justice.
Les rumeurs concernant une possible reprise en main des locaux par Jean-Marc Yacé, appuyé par un commissaire de justice, ont suscité une forte mobilisation. Des membres du camp de l’actuel président par intérim, Ali Diomandé, ont pris position à l’entrée du centre pour empêcher toute incursion. Cette situation intervient alors qu’une note du Ministère des Sports avait formellement interdit toute activité liée au Taekwondo sur l’ensemble du territoire, dans le but de préserver la paix.
Prenant la parole devant les médias, Maître Fofana Idrissa, ceinture noire 4e Dan, a fermement dénoncé cette tentative.
« On nous annonce l’installation de Jean-Marc Yacé, mais nous avons élu Ali Diomandé lors de l’assemblée générale extraordinaire. Si on installe Yacé, nous viendrons installer Ali Diomandé à notre tour. »
De son côté, Maître Yehoulou Saturnin, ceinture noire 3e Dan, a déclaré :
« Nous ne reconnaissons pas Jean-Marc Yacé comme président. Depuis l’élection de Me Ali Diomandé, il est notre seul représentant légitime. L’ex-président n’a plus le droit de diriger la fédération. »
Des membres du camp de l’actuel président par intérim, Ali Diomandé, ont pris position à l’entrée du centre pour empêcher toute incursion

Intervention des forces de l’ordre
Aux environs de midi, le commissaire de justice attendu est arrivé, escorté par des forces de l’ordre. Cependant, l’accès aux locaux lui a été interdit. Selon des sources sur place, cette décision émane du Premier ministre Beugré Mambé, également ministre des Sports et du Cadre de Vie. Celui-ci a donné des instructions fermes pour que le CESTICAO reste fermé jusqu’à nouvel ordre, empêchant ainsi les deux camps d’accéder au siège.
Une crise aux enjeux multiples
Le camp Yacé, muni d’une décision judiciaire, accuse ses adversaires de nuire à la coopération ivoiro-coréenne par leurs actions. Les partisans d’Ali Diomandé, en revanche, dénoncent un mépris des consignes gouvernementales et des manœuvres jugées provocatrices. Ils pointent également du doigt des scandales passés, comme des accusations d’harcèlement sexuel, qui, selon eux, ternissent l’image de la fédération.
Le camp Yacé, muni d’une décision judiciaire, accuse ses adversaires de nuire à la coopération ivoiro-coréenne par leurs actions. Les partisans d’Ali Diomandé, en revanche, dénoncent un mépris des consignes gouvernementales et des manœuvres jugées provocatrices
Pour ces derniers, la réouverture de la fédération dans les conditions actuelles signifierait l’existence de deux présidents, une situation qu’ils jugent inacceptable. L’un d’eux a martelé :
« Nous sommes ici pour empêcher l’accès des locaux à l’ex-président. Nous ne voulons pas d’un retour à une gestion qui a déjà divisé la fédération. »
Une médiation nécessaire
La gestion de cette crise, désormais sous la houlette du Premier ministre, semble encore loin d’être résolue. Les protagonistes restent campés sur leurs positions, et les tensions continuent de croître. Pour les observateurs, seule une médiation approfondie pourra éviter que ce conflit n’éclate davantage, mettant en péril la stabilité du Taekwondo ivoirien.
Ce feuilleton, riche en rebondissements, souligne l’urgence d’un règlement apaisé pour restaurer l’unité et l’honneur de cette discipline emblématique.