Avant l’ouverture de la 8e édition du Forum International et Salon Africain des Transports (FISAT) qui se tiendra du jeudi 21 au samedi 23 novembre 2024 au Sofitel Hôtel Ivoire, la commissaire générale a accordé une interview pour présenter l’événement. Mme Bamba Magnatié se veut rassurante quant aux enjeux du FISAT 2024.
- Cette année, le FISAT a pour thème « Transports, logistiques et infrastructures : l’usager au cœur des politiques et stratégies ». Expliquez-nous.
- Que pèsent les transports et la logistique dans l’économie ?
- Comment la question sera-t-elle débattue au 8e FISAT?
- C’est un plaidoyer qui sera sur la table ?
- Qu’est-ce qui est prévu comme tribune d’expression pour les usagers au FISAT ?
- Au stade actuel, quels sont les invités qui ont confirmé leur participation ?
- Comment évaluez-vous l’impact de cet évènement ?
- Qu’est-ce qui est fait pour institutionnaliser les conclusions du FISAT ?
- Du parc des Expositions à l’Hôtel ivoire, quelles sont les innovations ?
- Le FISAT a fait un road show auprès de différents autorités et institutions. Quel retour avez-vous de tout ça ?
- Comment vous sentez-vous à quelques jours de l’évènement ?
Cette année, le FISAT a pour thème « Transports, logistiques et infrastructures : l’usager au cœur des politiques et stratégies ». Expliquez-nous.
Le FISAT traite de thématiques en lien avec nos partenaires tant institutionnels que privés. Nous nous sommes rendu compte que nous sommes beaucoup sur des thématiques d’ordre professionnel et général et que la question de l’usager, l’utilisateur final de tous les produits et services, était moins abordée. Ne devrait-on pas enfin reconnaitre que tout le monde travaille pour l’usager? Ne faut-il pas se demander pour toutes les politiques et stratégies gouvernementales l’impact sur la population? On a donc proposé de redonner sa place à l’usager qui est notre patron à tous aujourd’hui.
Que pèsent les transports et la logistique dans l’économie ?
En termes de chiffres. Les transports pèsent pour 30 à 40% des dépenses des ménages en Côte d’Ivoire. Ce qui est énorme quand on sait qu’à côté, il y a les charges pour la santé et l’éducation. Le transport concerne aussi l’acheminement de nos vivres depuis les zones de production jusqu’aux pôles de commercialisation et de transformation. C’est dire que nous devons nous pencher sur ces questions. La logistique évidemment est essentielle dans toute activité d’ordre économique. Qu’elle soit maritime, aérienne ou ferroviaire, la logistique est aujourd’hui au cœur du système des transports et des échanges. La logistique et les questions de mobilité constituent aujourd’hui un goulot d’étranglement, qui permettra, s’il est dénoué, d’accompagner sereinement le développement des pays africains.
Un des enjeux du FISAT 8 est de faciliter la libre circulation des personnes et des biens. Comment y arriver quand on sait qu’il y a des difficultés aux frontières de la Cote d’Ivoire avec les pays voisins ?
Au FISAT, nous sommes convaincus que c’est par les échanges, par la sensibilisation et par la prise de conscience des acteurs qu’on peut faire bouger les choses. Aujourd’hui les frontières peuvent avoir quelques soucis liés aux questions politiques qui ne devraient pas l’être. C’est le lieu de dire que la CEDEAO et les autres organisations communautaires ne devraient pas être des espaces uniquement politiques. Ils doivent être des espaces pour les personnes, pour les usagers, où la libre circulation ne doit pas être négociable. Les conflits politiques ont des sources bien connues et doivent se régler politiquement. Mais les populations ne doivent pas en pâtir. Pourtant c’est le cas aujourd’hui. Seul le dialogue impulsé par les populations, le secteur privé et ceux qui vivent ces difficultés tous les jours peut pousser nos dirigeants à regarder les choses d’une autre manière. C’est ce que nous essayons de faire. J’ai rencontré l’ambassadeur du Mali, celui du Burkina Faso, les organisations de chargeurs, les Chambres de commerce etc. Je leur ai dit que je ne suis pas venue pour parler de questions politiques. Les Chambres de commerce sont des acteurs du secteur privé. Il faut qu’ensemble nous fassions le plaidoyer et que nos gouvernants apprennent à « mettre de l’eau dans leur gnamankoudji » comme le dirait quelqu’un, pour faire la part belle à la population.
Nous avons une ancienne attraction qui revient: le driving, démo des véhicules électriques. Nous pensons qu’il faut continuer à expliquer cette innovation dans le secteur du transport routier. Nous attendons 1 000 professionnels et 10 000 visiteurs.

Comment la question sera-t-elle débattue au 8e FISAT?
On a un panel sur le thème « Passer des routes aux corridors de développement ». Les gouvernements qui ont plus de moyens en Afrique de l’Ouest construisent des routes et des autoroutes. Mais cela reste insuffisant. Ces routes, aéroports et voies maritimes doivent être de vrais corridors de développement, offrant un mix de personnes, de commerce. C’est une vision pas à l’échelle d’un pays. Ça devient un grand boulevard qui part de Lagos (Nigeria) pour arriver à Abidjan. Si on réussit ça, on aura réussi l’intégration véritable.
C’est un plaidoyer qui sera sur la table ?
On aura le commissaire de l’UEMOA en charge de l’énergie, des infrastructures et de la digitalisation qui vient pour nous livrer une grande conférence sur le sujet. Nous avons invité l’ensemble des acteurs en Côte d’Ivoire, les grandes institutions comme le Conseil économique social, environnemental et culturel (CESEC), le Sénat, l’Assemble nationale…C’est dire que ce n’est pas seulement une affaire de transport. Vraiment, cette année, nous n’avons pas voulu nous cantonner platement dans le transport.
Qu’est-ce qui est prévu comme tribune d’expression pour les usagers au FISAT ?
Les usagers sont partie prenante. Nous avons invité plusieurs couches des associations de personnes à mobilité réduite pas toujours prises en compte, les étudiants, le Conseil national des jeunes, les livreurs, Des formations seront données sur le soul skills pour cette corporation. Nous avons des bons pour mille permis de conduire.
Au stade actuel, quels sont les invités qui ont confirmé leur participation ?
Une délégation de la CEDEAO et une autre de l’UEMOA nous rejoindront. Nous avons invité le ministre des transports du Sénégal qui a confirmé. Pour la première date du FISAT, nous avons eu la confirmation de 8 ministres. Ces derniers doivent réaménager leur agenda pour être présents à cette nouvelle date. Il y a aussi une forte délégation du Maroc qui arrive à Abidjan, au nom des structures sous tutelle du ministère des transports et delà logistique. Nous avons des privés qui viennent de la RD Congo.
On aura le commissaire de l’UEMOA en charge de l’énergie, des infrastructures et de la digitalisation qui vient pour nous livrer une grande conférence sur le sujet. Nous avons invité l’ensemble des acteurs en Côte d’Ivoire, les grandes institutions comme le Conseil économique social, environnemental et culturel (CESEC), le Sénat, l’Assemble nationale

Comment évaluez-vous l’impact de cet évènement ?
A l’échelle de la Côte d’Ivoire, je crois que c’est un évènement qui a du sens et qui est reconnu par l’ensemble des acteurs. Au fil des ans, nous n’avons pas baissé les bras. Ça n’a pas toujours été facile. Mais aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que le FISAT est un évènement important et qui a sa place. Les acteurs qui étaient hésitants au départ nous ont rejoints. Cette année, nous avons par exemple AGL qui nous rejoint, l’AGEROUTE, le FER etc. Pour moi, c’est parce qu’ils croient dorénavant en la pertinence, à la crédibilité et à l’impact réel de cet évènement. Grâce au FISAT aussi nous avons pu avoir des signatures de convention entre structures. C’est le cas entre la SNTL du Maroc et le Port autonome d’Abidjan. Nous avons ces initiatives pour créer des relations d’affaires entre différentes entités et faire bénéficier notre pays de ce que ces participants étrangers offrent. Ces collaborations permettent de développer nos stratégies, nos politiques mais aussi de pouvoir valoriser des projets et les mettre en œuvre.
Qu’est-ce qui est fait pour institutionnaliser les conclusions du FISAT ?
A ce genre de tribune, vous êtes soumis à la bonne volonté des autorités. Le devoir que nous nous donnons au FISAT, c’est que chaque année, deux semaines après l’évènement, vous avez le rapport scientifique qui souligne toutes recommandations. Et il est transmis à la Présidence de la République, à la Primature, aux ministères, à la CEDEAO, à l’UEMOA et à l’ensemble des pays participants. Nous avons essayé à travers le Prix National d’Excellence qui nous a été décerné cette année comme « Meilleure contribution au rayonnement du secteur des transports », de mener le plaidoyer pour plus d’attention sur les résultats du FISAT. Je pense que si on adoptait un caractère un peu plus institutionnel sur le FISAT, ces résultats pourraient nous aider à anticiper sur beaucoup de situations. Malheureusement nous ne sommes pas forcément en position de pouvoir imposer cela.
Du parc des Expositions à l’Hôtel ivoire, quelles sont les innovations ?
Si vous voulez savoir pourquoi on a quitté le Parc des expositions, je réponds que c’est d’abord en raison de travaux sur le boulevard Houphouët-Boigny (ex-VGE) qui freinent la fluidité sur cet axe. L’innovation cette année, c’est la qualité des panelistes. Certains viennent de l’étranger. D’autres interviendront en visioconférence. Au niveau du « B to B », nous avons mis en place une plateforme totalement digitalisée qui permet aux participants, à partir de leur espace digital, de demander ou accepter un rendez-vous de choisir les conférences qu’ils veulent suivre et venir au FISAT avec leur agenda. Nous avons une ancienne attraction qui revient: le driving, démo des véhicules électriques. Nous pensons qu’il faut continuer à expliquer cette innovation dans le secteur du transport routier. Nous attendons 1 000 professionnels et 10 000 visiteurs.
Le FISAT a fait un road show auprès de différents autorités et institutions. Quel retour avez-vous de tout ça ?
Nous sommes en attente d’un moment à l’autre de la confirmation du Premier ministre Mambé Beugré. Le ministre des transports sera là. Nous avons invité d’autres ministres des départements connexes au secteur des transports. Aussi plusieurs partenaires du secteur privé qui nous rejoignent par exemple le CEPICI. Les gens comprennent de plus en plus l’intérêt du FISAT.
Comment vous sentez-vous à quelques jours de l’évènement ?
Je me sens sereine et enthousiaste. Pas parce que tout est parfait, mais nous avons au bout de toutes ces éditions un niveau de résilience. On sait plus ou moins les difficultés qui nous attendent. On se prépare plus tôt, psychologiquement et physiquement à aborder ces défis. L’équipe également a été remodelée et étoffée. On a hâte de recevoir tout ce monde, échanger discuter, sentir que nous sommes tous focus sur le même objectif. Celui de remettre le transport au cœur du développement de l’Afrique.