La polémique autour des opérations de déguerpissement menées ces dernières semaines dans plusieurs zones à risques d’Abidjan continue d’alimenter le débat public. Face aux nombreuses critiques visant les autorités, le président du Rassemblement pour la Démocratie et l’Intégration (RDI), Chérif Hamed Haïdara, est monté au créneau pour défendre la politique engagée par le gouvernement et dénoncer ce qu’il qualifie de « récupération politique » orchestrée par certains acteurs de l’opposition.
Lors d’un entretien accordé à la presse le jeudi 10 juin 2026, le leader politique a rejeté l’idée selon laquelle son parti se positionnerait contre les populations affectées par les démolitions. Selon lui, le RDI demeure profondément attaché aux préoccupations des citoyens et œuvre quotidiennement à l’amélioration de leurs conditions de vie.
« Nous ne pouvons pas être contre le peuple alors que nous travaillons chaque jour à apporter des solutions adaptées à ses besoins », a-t-il déclaré. Pour Chérif Hamed Haïdara, les critiques formulées contre le soutien apporté au ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, Cissé Ibrahim Bacongo, traduisent surtout une gêne politique chez certains opposants.
Il estime que plusieurs personnalités qui dénoncent aujourd’hui les déguerpissements ont pourtant participé à la gestion du pays sans parvenir à résoudre durablement le problème de l’occupation anarchique des zones à risques. « Ce que nous vivons aujourd’hui découle en partie de leur négligence ou de leur incapacité à faire face aux besoins réels des populations », a-t-il soutenu, avant de rappeler que la protection des vies humaines doit primer sur toute autre considération.
Interrogé sur le choix de la saison des pluies pour mener ces opérations, le président du RDI a reconnu que la période pouvait susciter des interrogations. Toutefois, il considère que les autorités étaient confrontées à une situation d’urgence.
« Nous ne pouvons pas être contre le peuple alors que nous travaillons chaque jour à apporter des solutions adaptées à ses besoins »

Selon lui, laisser des familles dans des secteurs exposés aux inondations, aux glissements de terrain ou aux éboulements aurait été plus dangereux que de les contraindre à quitter ces espaces. Il affirme également que des campagnes de sensibilisation et des mises en demeure avaient été adressées aux occupants avant les interventions des autorités.
« Le but n’est pas d’humilier des frères et sœurs, mais de les protéger », a-t-il insisté.
Le président du RDI a également dénoncé ce qu’il considère comme une campagne visant à ternir l’image de la Côte d’Ivoire à l’étranger. Il accuse certains responsables politiques de vouloir présenter le pays comme un État insensible aux souffrances des populations les plus vulnérables.
Dans ce contexte, il a tenu à distinguer les opérations de déguerpissement des zones à risques de l’affaire survenue à Koumassi Grand Campement, où plusieurs habitations ont été détruites dans des circonstances controversées.
« Nous marquons notre solidarité aux populations de Koumassi Grand Campement dont les maisons ont été rasées par des particuliers dans des conditions floues », a-t-il indiqué, rappelant que les auteurs présumés de ces destructions font actuellement l’objet de recherches judiciaires.
Malgré cette distinction, Chérif Hamed Haïdara réaffirme son soutien aux autorités administratives, notamment au ministre-gouverneur Cissé Ibrahim Bacongo, dont il salue l’action dans la lutte contre l’occupation des zones dangereuses.
Le président du RDI a également dénoncé ce qu’il considère comme une campagne visant à ternir l’image de la Côte d’Ivoire à l’étranger.

Au-delà des débats politiques, le président du RDI estime que la situation actuelle doit déboucher sur des solutions durables en matière de logement social. Son parti préconise la construction de quartiers destinés aux ménages à revenus modestes afin de remplacer progressivement les habitations précaires construites en matériaux fragiles.
Il plaide notamment pour le développement de programmes d’Habitations à Loyers Modérés (HLM) sur des sites adaptés, avec un accompagnement de l’État et une meilleure planification urbaine.
À plus long terme, Chérif Hamed Haïdara mise sur les grands projets d’infrastructures de transport pour faciliter le relogement des populations concernées. Il évoque notamment l’arrivée du métro d’Abidjan et la perspective d’un train à grande vitesse reliant la capitale économique à d’autres villes du pays.
Selon lui, des localités situées en périphérie du Grand Abidjan, voire des villes comme Yamoussoukro ou Bouaké, pourraient accueillir de nouveaux programmes de logements. Les populations relogées pourraient ainsi continuer à travailler à Abidjan tout en résidant dans des zones mieux aménagées et plus sécurisées.
Pour le président du RDI, l’enjeu est désormais de recenser avec précision les personnes impactées et d’identifier des sites capables d’accueillir durablement ces populations, afin de concilier sécurité, dignité et développement urbain.