Sommet AES : le Mali, le Niger et Burkina « ont irrévocablement tourné le dos à la CEDEAO »

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Les présidents de Etats de l'AES

Le Premier sommet de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) s’est tenu comme annoncé ce samedi 06 juillet 2024 au Niger entre les trois pays : le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Trois Etats qui ont pris leurs distances vis-à-vis de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) depuis novembre 2023.

Ce premier sommet, placé sous le thème : « L’Alliance des Etats du Sahel : un espace souverain, de sécurité et de prospérité », se présente donc comme la confirmation officielle de cette alliance qui réunit ces trois pays dirigés respectivement par Son Excellence le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, chef de l’Etat, Son Excellence le Colonel Assimi Goita, Président de la République du Mali, Son Excellence le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, Président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP).

Ces autorités issues d’une junte militaire ayant pris le pouvoir suite à des coups d’Etat militaire contestés par la CEDEAO et la France, l’ancienne puissance coloniale, ont, adopté à l’occasion de ce premier sommet, un traité instituant une Confédération dénommée « Alliance des Etats du Sahel », en abrégé Confédération AES.

Ainsi, ces trois pays, ont-ils décidé de marcher dans un projet commun qui se résume en trois grands points : Géopolitique, sécuritaire, et développement.

La Géopolitique

Les Chefs d’Etat ont fustigé la « lourde responsabilité » de la CEDEAO pendant les périodes des coups d’Etat dans leurs pays respectifs avec des sanctions « illégales », « illégitimes » et « inhumaines », dans un contexte de menace « d’agression contre un Etat souverain ».

En effet, en plus des sanctions économiques, la CEDEAO avait menacé ces pays d’intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel sous le regard de la France, l’ex-puissance coloniale. Ce qui a contribué à « effriter » « les valeurs de solidarité », et « fraternité entre les Etats et les peuples concernés ».

le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso a pointé du doigt l’exploitation des ressources de son pays et la trahison de certains compatriotes au détriment des intérêts du Burkina Faso.

Les présidents saluant les populations
Les présidents saluant les populations

Sécuritaire

Face à la lutte contre le terrorisme dans les trois pays, les Chefs d’Etat ont reconnu que les attaques sont perpétrées par des « obscurantistes », « guidés » et « téléguidés ». Et ont salué leur effort mutuel dans la lutte contre le terrorisme.

Développement

Alliance d’assistance mutuelle en cas d’agression de l’un de ses Etats, l’AES est aussi une alliance de développement. Pour ce faire, les pays ont décidé de porter une attention particulière à plusieurs domaines entre autres : l’Agriculture, la sécurité alimentaire, l’eau et l’environnement, etc.

Les Chefs de l’Etat ont décidé de la création d’une banque d’investissement de l’AES, et de la mise en place d’un Fonds de stabilisation, un pas vers le projet commun de la monnaie AES tant annoncé dans les coulisses.

Les discours des chefs de l’Etats de l’AES

Le Colonel Assimi Goita, Président de la République du Mali a plus insisté sur le projet fédérateur et intégrateur de l’AES.

« Je voudrais réitérer notre ferme détermination à faire de l’AES un modèle de coopération régionale de solidarité de développement, un modèle aussi d’intégration sous-régionale conformément aux principes de la Charte du Liptako-Gourma », a-t-il tenu à clarifier.

De son côté, l’hôte du jour, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani a insisté sur les prochaines relations avec la CEDEAO.

Les Chefs de l’Etat ont décidé de la création d’une banque d’investissement de l’AES, et de la mise en place d’un Fonds de stabilisation, un pas vers le projet commun de la monnaie AES tant annoncé dans les coulisses.

« (…) Nos peuples ont irrévocablement tourné le dos à la CEDEAO. Il nous appartient aujourd’hui de faire la Confédération Alliance des Etats du Sahel AES, une alternative à tout regroupement sous-régionale factice, en construisant une communauté de paix, de solidarité, de prospérité basée sur nos valeurs Africaines », a-t-il indiqué.

Enfin, le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso a pointé du doigt l’exploitation des ressources de son pays et la trahison de certains compatriotes au détriment des intérêts du Burkina Faso.

« Nos sols sont troués de toutes parts pour rechercher les métaux précieux tels que l’or. Mais souvent, il n’y a même pas la moindre route accessible pour atteindre les zones où ils exploitent l’or, encore moins certains services sociaux de base. Voilà pourquoi nous avons décidé de nous révolter et de prendre le destin de nos pays en main. Ils nous ont trahis depuis l’indépendance et d’autres continuent jusqu’à aujourd’hui à nous trahir au profit de leurs maîtres », a souligné le Président du Faso.

Pour rappel, à l’occasion de ce premier sommet de l’AES, Son Excellence le Colonel Assimi Goita, Président de la République du Mali a nommé Président de l’AES pour un mandat d’un an, a-t-on appris.

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