Le gouvernement malien a vivement réagi à la décision de Washington d’imposer une caution obligatoire aux ressortissants maliens et à ceux de six autres pays africains sollicitant un visa américain de tourisme ou d’affaires.
Jugeant cette mesure unilatérale et contraire à l’accord bilatéral signé en 2005, Bamako a annoncé l’application d’une mesure de réciprocité à l’égard des citoyens américains.
À compter de ce dimanche 12 octobre 2025, tout citoyen américain désirant se rendre au Mali devra désormais verser une caution comprise entre 2,8 millions et 5,6 millions de francs CFA (soit 5 000 à 10 000 dollars) au moment de sa demande de visa. Cette décision, rendue publique par un communiqué officiel du ministère malien des Affaires étrangères, intervient en réaction directe aux nouvelles exigences américaines.
Bamako dénonce une violation d’accord
Les autorités maliennes estiment que cette politique américaine viole les engagements pris dans le cadre de l’accord de coopération consulaire signé en 2005 entre les deux nations.
Selon Bamako, une telle mesure porte atteinte au principe de réciprocité et de respect mutuel qui régit les relations diplomatiques entre les deux pays.
Contactée par RFI, l’ambassade des États-Unis à Bamako n’a pour l’heure fait aucun commentaire sur cette décision. Le programme américain de caution de visas, lancé récemment, vise selon Washington à protéger les frontières américaines et à préserver la sécurité nationale.
Silence de l’ambassade américaine
Les autorités américaines précisent que ces cautions sont remboursables à certaines conditions, notamment si le demandeur de visa respecte les termes de son séjour.
Cette mesure réciproque du Mali marque une nouvelle montée des tensions diplomatiques entre Bamako et Washington, sur fond de désaccords croissants depuis plusieurs mois, notamment concernant la coopération sécuritaire et les orientations diplomatiques du Mali.