Diplomatie – Coopération internationale | 29 octobre 2026. Le président russe Vladimir Poutine a réaffirmé, jeudi 29 octobre 2026, la volonté de la Russie de renforcer ses relations politiques et économiques avec les pays africains. Lors de la séance plénière de la troisième édition du Sommet Russie-Afrique, il a défendu un ordre mondial multipolaire, une meilleure représentation du continent dans les instances internationales et un approfondissement de la coopération dans les secteurs agricole et industriel.
La rencontre réunit des représentants d’une cinquantaine de pays africains, dont des chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des dirigeants d’organisations d’intégration régionale. Pour Moscou, ce rendez-vous constitue une occasion de consolider ses partenariats avec le continent et d’explorer de nouvelles perspectives de coopération.
Moscou défend un partenariat fondé sur la souverainetéDans son discours, Vladimir Poutine a présenté la Russie et l’Afrique comme des partenaires naturels, partageant une vision commune de l’évolution de l’ordre international. Le chef de l’État russe a plaidé pour un système mondial multipolaire et démocratique, fondé sur le respect du droit international et des principes de la Charte des Nations unies.
Il a notamment dénoncé les tentatives d’imposer la volonté de certaines puissances aux autres États et les politiques qu’il considère comme relevant du double standard. Selon lui, les pays africains doivent pouvoir préserver leur souveraineté, définir leurs propres trajectoires de développement et renforcer leurs économies ainsi que leurs systèmes sociaux.

Le président russe a assuré que son pays était disposé à poursuivre sa coopération avec les États africains dans ces différents domaines.
Une représentation africaine plus importante dans les instances internationales
La question de la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale a également occupé une place importante dans son intervention. Vladimir Poutine a défendu une représentation plus équitable du continent au sein des institutions internationales, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies et dans les institutions financières internationales.Il a également évoqué les initiatives relatives à la mémoire du colonialisme et de l’esclavage. Le dirigeant russe a indiqué que son pays avait soutenu une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies adoptée en décembre 2025, instituant une Journée internationale de lutte contre le colonialisme, célébrée le 14 décembre.Il a par ailleurs salué une décision de l’ONU prise en mars 2026 concernant la traite transatlantique des esclaves, présentée dans les informations communiquées comme une reconnaissance de ce crime parmi les plus graves contre l’humanité.
Céréales et engrais : la coopération agricole en chiffres
La sécurité alimentaire constitue un autre axe majeur du partenariat défendu par Moscou. Vladimir Poutine a présenté la Russie comme un fournisseur fiable de produits agricoles pour les marchés africains, mettant en avant les volumes de céréales et d’engrais livrés au continent.Selon les chiffres avancés par le président russe, les livraisons de céréales russes à destination de l’Afrique ont dépassé 18 millions de tonnes en 2025.
Au cours des neuf premiers mois de 2026, elles auraient atteint 13 millions de tonnes supplémentaires.Les exportations d’engrais minéraux affichent également une progression, selon les données communiquées. Elles se sont établies à environ 1,5 million de tonnes en 2025, avant de dépasser 2,2 millions de tonnes au cours de l’année 2026, à la date de son intervention. Ces volumes illustrent l’importance accordée par Moscou aux échanges agricoles avec les pays africains, dans un contexte où l’approvisionnement en denrées alimentaires et en intrants agricoles reste un enjeu majeur pour plusieurs économies du continent.
Huit nouvelles ambassades russes depuis 2023
Sur le plan diplomatique, Vladimir Poutine a fait état d’un renforcement de la présence russe en Afrique depuis le précédent sommet, organisé en 2023. Huit nouvelles ambassades russes ont ouvert dans des pays africains durant cette période, portant leur nombre total à 48, selon les chiffres présentés par le président. Moscou entend également développer ses représentations commerciales. Le réseau compte actuellement six bureaux, dont les activités couvrent 16 pays africains. Cette présence diplomatique et commerciale doit, selon les orientations exposées lors du sommet, faciliter les échanges, rapprocher les entreprises et favoriser la concrétisation de nouveaux projets économiques.

Les entreprises russes intéressées par la production en Afrique
Au-delà des échanges commerciaux, la Russie souhaite encourager une coopération industrielle plus poussée. Vladimir Poutine a indiqué que des entreprises russes envisageaient de délocaliser certaines activités de production dans des pays africains. Le président a présenté cette perspective comme une possibilité de partenariat mutuellement bénéfique, soulignant l’existence d’un potentiel d’investissement important et de nombreuses pistes de coopération à explorer.
La concrétisation de ces ambitions dépendra toutefois des projets effectivement engagés, des investissements mobilisés et des conditions offertes par les pays partenaires. À travers cette troisième édition du Sommet Russie-Afrique, Moscou affiche ainsi plusieurs priorités : consolider ses relations diplomatiques avec le continent, accroître ses échanges agricoles et ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement.
