L’ONG Opinion Éclairée (OP-E) a participé, les 23 et 24 octobre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, aux consultations africaines préparatoires à la 71e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW71).
L’organisation féministe y a défendu plusieurs propositions visant à renforcer les droits économiques des femmes et à mieux reconnaître le travail de soin.
Au cours des travaux du Groupe de travail 1, consacré notamment au pouvoir économique des femmes et à l’économie du soin, Opinion Éclairée a plaidé pour un meilleur accès des femmes et des filles à la terre. L’organisation a également insisté sur la nécessité de prendre en compte la place importante des femmes dans le secteur informel, en particulier dans les politiques relatives au commerce transfrontalier et au financement.

Pour OP-E, ces activités économiques doivent s’accompagner de garanties pour les jeunes femmes, de la reconnaissance des compétences acquises dans l’informel et de la ratification des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) C189, C190 et C183. L’ONG a aussi demandé que les entreprises détenues par des femmes puissent accéder aux marchés publics.
Concernant l’économie du soin, l’organisation réclame une reconnaissance pleine du travail domestique et des activités d’accompagnement des personnes. Elle préconise notamment la prise en compte de ce travail dans le produit intérieur brut (PIB), une protection sociale, une rémunération au moins égale au salaire minimum et la portabilité des droits sociaux pour les travailleuses migrantes.
Le plaidoyer d’Opinion Éclairée porte également sur la mise en place de crèches abordables associées aux formations, l’octroi de pensions aux aidantes âgées et le développement de l’éducation civique pour déconstruire l’idée selon laquelle le soin relèverait naturellement des femmes. L’organisation estime nécessaire de prévoir des mécanismes de rétribution pour les femmes au foyer et les mères vivant en milieu rural, qui assument d’importantes responsabilités sans disposer de pension de retraite.

Lors des séances plénières, OP-E a par ailleurs défendu le maintien des mandats du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et d’ONU Femmes dans le cadre des réformes envisagées sous l’initiative UN80. L’organisation a également exprimé des réserves sur l’inclusion de l’UA-CEVAWG dans la Déclaration africaine, estimant que cet instrument ne devrait pas y figurer tant qu’il n’est pas entré en vigueur.
Cette participation s’inscrit dans le mandat d’Opinion Éclairée, qui entend produire des connaissances à partir des réalités vécues par les femmes et les jeunes, puis porter leurs préoccupations dans les espaces de négociation régionaux et internationaux.
Les consultations d’Addis-Abeba constituent une étape préparatoire à la 71e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies, prévue du 8 au 19 mars 2027 au siège de l’ONU, à New York. Cette rencontre doit permettre aux acteurs africains de faire converger leurs positions afin de défendre une voix commune dans les discussions mondiales sur les droits des femmes et l’égalité de genre.
