La Coordination nationale des communautés U-Report Côte d’Ivoire et l’initiative Amanii ont signé, vendredi 30 octobre 2026, une convention de partenariat au bureau de l’UNICEF à Abidjan. Cette collaboration vise à améliorer l’accès des adolescents et des jeunes à des informations fiables et à des services adaptés en santé sexuelle et reproductive et en santé mentale.
Passer de la sensibilisation à des actions concrètes sur le terrain. C’est l’ambition du partenariat conclu entre U-Report Côte d’Ivoire et Amanii, une initiative engagée dans l’accompagnement des jeunes sur les questions de santé sexuelle et reproductive.

Cette collaboration entend répondre à plusieurs préoccupations auxquelles les adolescents et les jeunes sont confrontés, notamment les grossesses précoces ou non désirées, les infections sexuellement transmissibles (IST), la désinformation et les difficultés d’accès aux services de santé. Présent à la cérémonie, le représentant résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Jean-François Basse, a salué la complémentarité entre l’expertise d’Amanii en matière de santé reproductive et la capacité de mobilisation communautaire de U-Report. Il a rappelé que cette plateforme rassemble plus de quatre millions de membres et compte plus de 120 communautés actives dans le pays. En 2026, plus de 1 500 U-Actions ont été documentées dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la protection de l’enfance et de l’égalité de genre.
Pour lui, les jeunes doivent être considérés comme des partenaires à part entière et impliqués dans les initiatives qui les concernent.La coordinatrice nationale des communautés U-Report Côte d’Ivoire, Rockiat Coulibaly, a également souligné l’importance de cette convention, qui vient formaliser une collaboration fondée sur les besoins exprimés par les jeunes dans les communautés. Lancé en 2018 avec l’appui de l’UNICEF et du gouvernement ivoirien, U-Report constitue un espace d’expression et de mobilisation présent dans plus de 100 localités du pays.
Elle a notamment relevé les insuffisances d’information sur la contraception, l’hygiène menstruelle, la prévention du VIH/sida et des IST, ainsi que les violences basées sur le genre. « Notre force ne réside pas seulement dans le nombre de jeunes que nous mobilisons au quotidien, mais surtout dans notre capacité à transformer nos voix en actions concrètes », a-t-elle déclaré.

De son côté, Sophie Tall, fondatrice d’Amanii, a présenté le dispositif d’écoute et d’accompagnement de son organisation. Celui-ci permet aux jeunes de poser leurs questions par WhatsApp et d’être rappelés de manière anonyme et sans jugement par une sage-femme diplômée d’État. Plus de 3 000 jeunes ont déjà bénéficié de ce service, assuré avec l’appui de 15 sages-femmes.
« U-Report donne une voix aux jeunes. Amanii leur offre une oreille attentive », a-t-elle résumé.
La convention prévoit notamment l’organisation de campagnes conjointes de sensibilisation, la mobilisation des communautés et l’orientation des jeunes vers des services de santé appropriés. La cérémonie a par ailleurs été marquée par le lancement du programme des Ambassadeurs Amanii. Cette première cohorte est composée de 28 jeunes filles et garçons âgés de 19 à 25 ans, issus de U-Report et d’associations partenaires. Ils suivront une formation en ligne de trois mois auprès de professionnels, notamment du réseau Africaines In Tech, afin de devenir des relais d’information et de sensibilisation dans leurs communautés et sur les réseaux sociaux.

À travers ce programme, Amanii ambitionne de former 500 ambassadeurs en deux ans. Avec l’appui de partenaires institutionnels et d’organisations telles que l’UNICEF, l’UNFPA, l’ONUSIDA, l’UNESCO, ainsi que les ministères de la Promotion de la Jeunesse et de la Santé, les deux structures entendent renforcer la prévention et l’accompagnement des jeunes en Côte d’Ivoire.
