COP 31 : À Antalya, les acteurs de la qualité de l’air veulent faire de la pollution un enjeu majeur de l’action climatique

À l’approche de la 31e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP31), prévue en novembre 2026 à Antalya, en Turquie, les acteurs engagés dans la lutte contre la pollution atmosphérique entendent faire entendre leur voix.

Pour Victor Hugo Espinosa, président de la Fédération Air et Moi, et Dominique Robin, directeur d’AtmoSud, cette rencontre internationale doit être une occasion de renforcer les liens entre qualité de l’air, changement climatique et santé publique.


La lutte contre le changement climatique ne saurait se limiter aux négociations sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle doit également prendre en compte les conséquences de la pollution atmosphérique sur la santé humaine et l’environnement. C’est le message que souhaite porter Victor Hugo Espinosa à la COP31. Le président de la Fédération Air et Moi insiste notamment sur l’importance de la sensibilisation et de l’éducation des populations, particulièrement des jeunes générations.


« L’éducation est une arme importante », soutient-il, convaincu que les enfants sensibilisés aujourd’hui deviendront, dans dix ans, des citoyens mieux outillés pour comprendre les enjeux environnementaux et agir en faveur de la planète. Il rappelle l’ampleur des conséquences de la pollution de l’air, qu’il associe à plusieurs millions de décès chaque année dans le monde, mais également à des coûts économiques considérables.


Pour lui, les manifestations du dérèglement climatique sont déjà suffisamment visibles pour imposer un changement de comportement. Incendies, sécheresses, glissements de terrain et catastrophes liées aux variations des précipitations constituent autant de signaux d’alerte. Il évoque notamment les événements extrêmes observés dans la région himalayenne et au Népal pour illustrer la vulnérabilité des populations face aux bouleversements environnementaux.


Le responsable associatif n’occulte toutefois pas les intérêts divergents qui peuvent se manifester lors des grandes conférences climatiques. « Tout le monde ne vient pas avec le même esprit. Il y a aussi des gens qui viennent se faire du fric avec le climat », dénonce-t-il. Malgré ces réserves, il estime indispensable que les organisations de la société civile et les acteurs de terrain participent aux discussions internationales. Il rend également hommage à Issa Bado, surnommé le « Gandhi de la COP », pour son engagement.


De son côté, Dominique Robin, directeur d’AtmoSud, met l’accent sur la nécessité de disposer de données fiables pour mieux comprendre et combattre la pollution atmosphérique. Il souligne les possibilités offertes par les données satellitaires pour reconstituer des informations sur la qualité de l’air, notamment dans les territoires où les dispositifs de mesure restent insuffisants.


« Mesurer, c’est un peu agir », explique-t-il, estimant que ces données peuvent contribuer à établir des diagnostics partagés et à orienter les décisions publiques. Même si elles ne présentent pas encore le même niveau de précision que les mesures réalisées en Europe, elles constituent, selon lui, une base de travail pour mobiliser les différents acteurs.


À Antalya, son ambition est de renforcer les collaborations et les réseaux entre organisations engagées dans la surveillance de la qualité de l’air et la lutte contre le changement climatique. Pour Dominique Robin, pollution atmosphérique, climat et santé doivent désormais être abordés conjointement.


Au-delà des négociations diplomatiques, les deux responsables défendent ainsi une approche qui associe connaissance scientifique, coopération internationale, éducation et mobilisation citoyenne. Leur participation à la COP31 traduit une conviction commune : la bataille climatique ne peut être gagnée sans une meilleure prise en compte de la qualité de l’air et de ses conséquences sur la vie des populations.

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César Kouamé est un journaliste ivoirien spécialisé dans les questions d’intérêt public notamment celles liées à l’environnement, au climat, à la culture et aux dynamiques sociales.
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