Le Dialogue sur l’avenir démographique, ouvert le 3 novembre 2026 à l’hôtel Pullman d’Abidjan, réunit responsables politiques, parlementaires, partenaires internationaux et jeunes leaders autour des moyens de transformer la croissance démographique africaine en levier de prospérité, de résilience et d’inclusion.
À l’ouverture des travaux, mardi 3 novembre à l’hôtel Pullman, les différentes interventions ont mis en évidence la nécessité d’investir dans le capital humain et d’adapter les politiques publiques aux transformations démographiques du continent.
Directrice exécutive de l’UNFPA, Diene Keita a appelé les pays africains à prendre des décisions ambitieuses pour façonner leur avenir démographique. Elle a notamment insisté sur le leadership politique, l’efficacité des institutions et la mobilisation de financements durables en faveur de la santé, de l’éducation, de l’égalité et des perspectives économiques.
Pour elle, la réussite de cette transition doit se mesurer à ses effets concrets sur les populations, notamment l’accès aux soins, la protection des femmes et les possibilités offertes aux jeunes. « La plus grande richesse stratégique d’un pays, ce sont ses populations », a-t-elle rappelé.
Le vice-président du Sénat ivoirien, N’dohi Yapi Raymond, a, pour sa part, souligné la contribution des institutions parlementaires à la promotion de la santé maternelle et reproductive, de la planification familiale et des droits des femmes. Il a également évoqué l’engagement du Sénat en faveur de leur représentation dans les instances de décision, notamment à travers la loi de 2019 favorisant leur présence dans les assemblées élues.
De son côté, le vice-président de l’Assemblée nationale, Woï Mela Gaston, a appelé les parlements africains à renforcer leur rôle dans l’élaboration des lois, le contrôle de l’action gouvernementale et l’évaluation des politiques publiques. Il a insisté sur la nécessité d’intégrer les réalités démographiques dans les stratégies nationales de développement et les choix budgétaires, avec une attention particulière à la santé des femmes et des filles, à l’éducation, à l’emploi des jeunes et à la protection des personnes vulnérables.
La jeunesse au cœur des enjeux démographiques
Au-delà des interventions institutionnelles, le rendez-vous d’Abidjan accorde une place importante à la participation des jeunes. Un Dialogue des jeunes sur l’avenir démographique, placé sous le thème « Façonner une vision menée par les jeunes pour la résilience démographique, la prospérité et l’inclusion », a également été organisé le 3 novembre.
Cette initiative vise à recueillir les propositions des jeunes leaders, chercheurs, démographes et innovateurs sur les mutations liées à l’intelligence artificielle, au changement climatique, aux migrations et à l’évolution du marché du travail. Les échanges portent également sur l’accès à l’éducation, à la santé sexuelle et reproductive, à l’emploi décent et à l’entrepreneuriat. Les recommandations formulées doivent alimenter directement les discussions de haut niveau, avec une participation des représentants de la jeunesse aux panels et aux échanges politiques.
Un enjeu économique et stratégique pour l’Afrique
Selon les projections présentées par les organisateurs, l’Afrique devrait représenter plus de la moitié de la croissance démographique mondiale d’ici 2050 et disposer de la population en âge de travailler la plus jeune et la plus nombreuse au monde.
Ce potentiel constitue une opportunité pour accélérer la croissance inclusive, à condition de renforcer les investissements dans l’éducation, la santé, les compétences, l’emploi et la transformation économique. Les travaux abordent également la modernisation des systèmes de recensement grâce à l’intelligence artificielle, aux registres de population et aux systèmes d’identification et d’état civil.
À travers cette rencontre, les organisateurs entendent faire émerger des mesures concrètes en matière de politiques publiques, de planification et d’investissement afin de permettre aux pays africains d’anticiper les mutations démographiques et d’en tirer pleinement profit.
