Mignin Festival : la tradition et la jeunesse au service de la paix et de la préservation du patrimoine

La cinquième édition du Mignin Festival de Bonoua qui a démarré le 7 novembre dernier, met à l’honneur les traditions abouré, la transmission des valeurs culturelles et la cohésion sociale. Le nettoyage symbolique de la source historique Begneri Asso a marqué le lancement des festivités, placées sous le signe de la préservation de l’environnement et du dialogue intergénérationnel.

À Bonoua, la promotion du patrimoine culturel va de pair avec la préservation de l’environnement et la consolidation de la paix. Pour donner le ton de la cinquième édition du Mignin Festival, l’honorable Cécile Adje, députée, 3e adjointe au maire et commissaire générale de l’événement, a placé le nettoyage de la source historique Begneri Asso au cœur de la cérémonie d’ouverture.

Cette opération revêt une double portée, à la fois traditionnelle et citoyenne. Sur le plan spirituel, elle symbolise une purification et une volonté de repartir sur de nouvelles bases, notamment pour la jeunesse, en la débarrassant symboliquement de ses souillures. Sur le plan environnemental, elle traduit la nécessité de préserver un patrimoine naturel auquel les populations demeurent profondément attachées.Autrefois, avant la construction des châteaux d’eau, cette source contribuait à l’approvisionnement des ménages de Bonoua.

Aujourd’hui délaissée, elle pourrait retrouver une nouvelle vocation grâce à sa réhabilitation et à sa valorisation touristique, souhaite la promotrice.Placée sous le thème « Jeunesse, tradition et stabilité socio-politique », cette édition accorde également une place importante au dialogue et à la transmission des valeurs.

Des moments de prières et d’invocations aux ancêtres ainsi qu’un panel sur les rapports entre jeunesse, traditions et paix figurent au programme. L’objectif est de donner aux jeunes l’occasion d’exprimer leurs préoccupations et de participer à la réflexion collective. Pour Cécile Adje, les divergences ne doivent pas constituer un obstacle au dialogue. « On peut s’entendre sur nos désaccords », fait-elle observer, invitant les jeunes à s’approprier cet espace d’échanges.La municipalité disposée à accompagner l’initiativeL’engagement de la promotrice a également reçu le soutien de la municipalité.

Présent à cette célébration, le premier adjoint au maire de Bonoua, Sylvestre Toppe Kissy, a salué les efforts consentis par l’honorable Cécile Adje depuis cinq ans pour sécuriser et préserver ce site chargé de valeurs traditionnelles, avec la participation des populations.Il a indiqué que la mairie envisage de soumettre la question au conseil municipal afin d’obtenir un accompagnement financier plus conséquent. Une telle contribution permettrait, selon lui, d’alléger les charges financières et organisationnelles supportées par les populations. Il a par ailleurs relevé l’importance du site, qui constitue pour la communauté un espace de repos et de ressourcement.

La transmission du patrimoine aux nouvelles générations

Fabrice Alvine Oba, président de la jeunesse communale de Bonoua, a salué cette démarche de passage de témoin entre les générations. Pour lui, la succession naturelle des générations ne doit pas entraîner la disparition des valeurs et des pratiques traditionnelles. Il considère ainsi que l’initiation progressive des jeunes à cet héritage est indispensable à sa pérennisation.Il s’est notamment réjoui de la participation des tout-petits aux activités culturelles, estimant que leur présence leur permettra de découvrir et de s’approprier progressivement les traditions de leur communauté.

Cette transition générationnelle constitue, à ses yeux, une condition essentielle à la continuité du patrimoine culturel abouré.Dans un autre registre, la représentation locale de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) a profité de cette première journée pour sensibiliser les festivaliers au régime social des travailleurs indépendants. Une initiative destinée à encourager les acteurs du secteur informel à accéder à une protection sociale.

Une mobilisation attendue pour l’apothéose

Les festivités se poursuivront avec plusieurs activités culturelles, sportives et éducatives. L’apothéose est annoncée pour le samedi 14, sur la mythique place de Bonoua. À cette occasion, la commissaire générale, Cécile Adje, appelle les filles et fils de la localité à une forte mobilisation autour des idéaux de paix et de stabilité. En parallèle, un village gastronomique sera ouvert du 13 au 15. Il réunira des partenaires ainsi que des artistes locaux et internationaux, dans une ambiance de partage et de convivialité.

À travers cette cinquième édition, le Mignin Festival entend ainsi dépasser le cadre d’une simple célébration festive pour s’affirmer comme un rendez-vous de transmission culturelle, de sensibilisation citoyenne et de promotion du vivre-ensemble à Bonoua.

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César Kouamé est un journaliste ivoirien spécialisé dans les questions d’intérêt public notamment celles liées à l’environnement, au climat, à la culture et aux dynamiques sociales.
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